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J'ai évoqué dans l'article de ce lundi, Perrine Renou la mère de Michel Édouard Sortant qui faisait l'ojet de ce billet. Aujourd'hui, c'est l'histoire de Pierre Renou, mon sosa 34, le père de Perrine que je vais relater ici.

 


La Tourlandry, village de Louis-Stanislas; Coron, village des Renou; dans le bas de la carte, la forêt de Vezins,
(via Wikimedia Commons)

Pierre Renou porte le même prénom que son père, Pierre. Sa mère est Françoise Poitevin. Il est né à Coron mais la confusion dans les actes trouvés est telle qu'on ne sait sur quel pied se tenir.

D'abord, il y a le baptême six mois après la naissance d'un nommé Jean Renou fils des mêmes le 28 août 1792, date où ont eu lieu des baptêmes en séries dues sans doute aux troubles qui se répandaient alors dans la région choletaise. Cet enfant est déclaré être né le 19 février 1792. Les parrain et marraine étaient Jean Lagrange, maréchal de logis au 11ème régiment et Adélaïde Girard, une marraine qui apparaît dans de nombreux actes dans ces derniers jours d'août, ce qui semble expliquer qu'ils ont été fait en série sans doute à la faveur d'une accalmie des insurrections.

Ensuite cinq ans plus tard, il a fallu le déclarer à l'état civil, mais peu de choses concordent. Les parents sont décédés dans "le courant du fort de la guerre de Vendée", et c'est un oncle Jean Renou qui déclare cet enfant le 4 complémentaire an 5 (20 septembre1797). Cependant c'est un nommé Pierre qu'il déclare! C'est lui qui a choisi le prénom justifiant le défaut de registres à l'époque de la naissance. Mais la date donnée pour la naissance par l'oncle à l'officier d'Etat Civil n'est pas correcte : le 28 février 1792 au lieu du 19 février. A-t-elle été donnée de mémoire ? C'est probable ! Et pour le prénom aussi, si Jean Renou n'a jamais revu leur famille, c'est possible qu'il n'en connaissait pas le prénom. Mais comment l'ont-ils recueilli? Qui s'en est occupé quand les parents ont été tués? Beaucoup de questions difficiles ont dû se poser dans cette période de combats acharnés dans le choletais et la Vendée.

Par Tom Drake (Bibliothèque Nationale) [Public domain], via Wikimedia Commons

 

Début 1791, déjà de nombreux paysans de la région sont déjà engagés dans la révolte qui est  exacerbée suite à l'application de la constitution civile du clergé en juillet. Contrairement à ce qu'on pense comme une réaction de soutien au roi, l'origine de cette insurrection est directement liée à l'attachement des populations choletaises et vendéennes à leur prêtre et leur tradition religieuse; c'est pourquoi, ils n'ont pas attendu 1793 comme «la petite noblesse (qui) n'a fait que suivre l'insurrection paysanne, avant de la récupérer définitivement et de lui donner une coloration franchement et explicitement royaliste et catholique.»

L'aggravation du conflit s''est amplifiée par «l'intervention des gardes nationales chargées du maintien de l'ordre (qui) provoque les premiers morts de la Vendée.»

 

Difficile de retrouver la trace de ceux qui y ont participé. Difficile même de dire à quel moment ont disparu Pierre Renou et François Poitevin ! Où était leur fils qui a survécu ? L'histoire des choletais a cette époque est difficile à reconstituer pour chaque personne qui l'a vécue.

A six kilomètres de Coron, la forêt de Vezins s'étend au sud de Nuaillé à Chanteloup-les-Bois, sur une dizaine de kilomètres de long. C'est là que des milliers d'hommes, femmes et enfants, victimes des Colonnes infernales, furent massacrées à travers la forêt et dans les villages environnants, entre le 23 et le 26 mars 1794*. Il existe quelques listes de victimes qui ont été répertoriées mais beaucoup ne le sont pas et on trouve encore beaucoup d'ossements dans la forêt! Une chapelle a été construite au cimetière des martyrs de cette forêt de Vezins.

 

 

 
 
* Riposte des vendéens :
Le 25 mars 1794, profitant d'un mouvement de retraite de l'armée de Stofflet face à la colonne de Grignon, la 10e colonne incendiaire commandée par le général Joseph Crouzat part de Cholet en vue de fouiller la forêt de Vezins.
Marigny et Stofflet attaquent le manoir des Ouleries dans lequel les Républicains se sont retranchés et les forcent à prendre la fuite. 
 
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Tag(s) : #Challenge AZ 2017, #Généalogie paternelle, #Guerres vendéennes

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