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Voilà mon premier article pour le rendez-vous #AdopteUnAncêtre :
Une vie que je ne connaissais pas mais dont je m'étais promis de rechercher l'histoire, un jour.
C'est fait
 
.
 
Georges Bachelot est né1 le 21 mai 1898 à Paris de père inconnu, à la maternité Port Royal1 au 123 Boulevard Port Royal.
Marie Rougé, sa mère, travaillait comme domestique, 297 rue Saint Jacques. Georges a été légitimé trois ans plus tard à l'occasion du mariage de Marie Rougé et de Jean Marie Bachelot, le 12 octobre 1921 à Angers.
 
A ce moment-là, sa mère native de Bourg-l'Évêque dans le Haut-Anjou était domiciliée rue de Belfort à Angers et exerçait la profession de cuisinière. Celui qu'elle épouse et deviendra le père de Georges, Jean Marie est fendeur d'ardoises, né à Bais dans l'Ille et Vilaine et demeure à cette date à Bourg-l'Évêque.
Collection personnelle
A l'âge adulte, Georges devient à son tour fendeur d'ardoises aux carrières de Misengrain à Noyant-la-Gravoyère comme son père. Sur sa fiche matricule, on découvre son signalement: yeux noirs, cheveux noirs, front moyen, nez rectiligne, visage long ce qui correspond à la photo qu'on trouve sur le journal de déportés de Mauthausen.
Son degré d'instruction est de niveau 2, ce qui n'est pas étonnant pour un fils d'ardoisier qui la plupart du temps quittait l'école à l'âge de 12 ans quelles que soient ses capacités scolaires comme cela s'est passé pour mon père 20 ans plus tard.
Photo issue du journal de l'Amicale des Dépotés de Mauthausen
Sa vie militaire
 
On lit sur la fiche matricule de Georges qu'il dispose du permis de conduire ce qui est assez rare dans la campagne combréenne à cette époque! En 1917, il est appelé au service. Incorporé au 166è RI en mai, il se prépare à combattre au front; il y arrive le 17 décembre de la même année, avec le 155è RI, il est engagé dans les combats à la forêt de Facq en Lorraine puis à Compiègne dans l'Oise en 1918.
Après le 20 avril, il se retrouve au 171è RI en mai-juin dans les combats de Lorraine (Veho) puis entre Somme et Oise en août.
Au terme de la guerre, on lui accorde un certificat de bonne conduite avec ce commentaire: «Excellent soldat, ayant toujours une belle attitude au feu.» ce qui laisse présager de son courage plus tard dans la Résistance.
Il reçoit plusieurs décorations: Croix de guerre en bronze, Médaille de la Grande Guerre, Médaille de la Victoire.
Après la guerre, Georges reste sous les drapeaux pour effectuer le reste de son service, soit 2 ans et demi; il se trouve pendant cinq mois affecté à l'occupation dans les « pays rhénans » jusqu'au 27 mai 1920 date où il peut rentrer dans ses foyers. Il reste à la disposition du 1er régiment d'aérostation jusqu'à la veille de la deuxième guerre.
 
Retour à la vie normale
 
Enfin, il retrouve sa famille, fin mai 1920.
Dans cette période entre 1920 et 1935, il crée avec deux de ses frères un orchestre de bal. Cette info trouvée sur une carte postale du site Delcampe, intitulée «Jazz Noyantais - Bachelot frères»2 nous montre les trois frères, dont Georges à l'accordéon. Sur cette photo, on apprend le lieu de leur habitation au 37 Cité Jardins.
Dans cette cité, chaque construction constituée de deux logements contigus, abritait deux familles. Chacune disposait d'une pièce principale et une petite cuisine au rez-de chaussée au-dessus d'une cave et deux à trois chambres à l'étage où ils étaient à l'étroit. Un jardin étiré en longueur derrière la maison permettait aux ardoisiers de cultiver des légumes pour la famille.
 
Grâce aux archives de l'Ouest-Eclair, on découvre, dans le journal en 1933, un accident3 concernant Georges Bachelot et un de ses collègues Gaston Lebeguet (Lebeguec). Était-ce lui qui conduisait la motocyclette? A noter que sa fiche matricule nous a appris qu'il avait son permis de conduire au moment de la première guerre mondiale. Étonnamment, la personne qui l'a renversé demeurait comme Gaston Lebeguec à Bourg-l'Evêque. Ces personnes se connaissaient très probablement étant donné la configuration de ce village.
Le 6 août 1921, Georges se marie4 à Noyant-la-Gravoyère, où demeurera le couple, avec Marie Mirande âgée alors de 21 ans.
Ils ont cinq enfants dont une fille qui épousera Henri Renard (né le 19 avril 1920 à Le Pin en Loire-Atlantique).
 
La résistance
 
Comme son beau-père Georges Bachelot, Henri Renard s'engage dans le réseau de résistance "Honneur et Patrie" pour le sous-groupe de Segré. Les membres de ce groupe, dont Georges, collectaient des informations sur les occupants ou préparaient les sabotages et aidaient les alliés dont les avions étaient abattus.
Henri profitait de son travail de mécanicien - transporteur, pour transmettre des informations et participer parfois à des sabotages.
C'était par André Rouëille, coiffeur, qui fut interné dans le même camp que Georges, que transitaient leurs messages.
 
Dès juillet 1943, des membres du groupe furent arrêtés à Segré suite à des dénonciations. Henri Renard, le gendre de Georges fut arrêté le 26 juillet et transféré à la prison du Pré-Pigeon à Angers. Leur groupe fut démantelé du fait de l'arrestation de leur chef Gaston Joubin le 9 septembre 1943. Georges Bachelot fut arrêté dans la matinée du 19 septembre et incarcéré dans la même prison que les autres où pendant le séjour, lui et ses camarades, subirent de nombreux interrogatoires.
Georges Bachelot, fut ensuite déporté par le même convoi que les autres, le 15 janvier suivant, voyageant dans des wagons à bestiaux sans eau et sans nourriture, roulant nuit et jour et fut enfermé à Mauthausen, avec deux autres de ses camarades, André Rouëille, coiffeur, (mort le 7 mai 1945), et Louis Huau, cordonnier, (libéré le lendemain).
Quant à Georges, il est décédé le 18 janvier 19455 à Gusen où il avait été transféré par la suite.
Son gendre, lui, reviendra vivant de cette déportation.
 
Des rues de Segré portent le nom de plusieurs de ces résistants en leur souvenir. Et le nom de Georges Bachelot a été donné à une rue de Noyant-la-Gravoyère, village où j'ai vécu enfant. Je ne savais pas grand chose de lui et je me suis toujours demandé quel avait été son parcours. #AdopteUnAncetre a été l'occasion pour moi de faire quelques recherches sur lui, sa vie et son engagement.
 
Sources :
  
1 Acte de naissance : Paris Archives1898 V4E 9714
 
1 Wikipedia : Article sur la maternité de Port Royal - (Histoire de l'Hôpital Cochin [archive]
  
2 Photo de l'orchestre : Delcampe
  
Ouest-Eclair du 7 octobre 1933
  
4 Acte de Mariage: Archives municipales d'Angers Actes n° 179-180• 1901-1901• 92 page 93/108
 
5 Date du décès: Bulletin de Mauthausen ci-dessous
 
 Sur son parcours de résistant:
   
- 5 BULLETIN DE L'AMICALE DES DEPORTES DE MAUTHAUSEN n° 243 de Septembre 1990 (d'après ce site Georges Bachelot portait au camp de déportation le matricule 53.605.)
 
- http://memoiredeguerre.assoc.pagespro-orange.fr/deportation/44/deportes44-rst.htm
 
 
Livres et documents:
 
- «Le réseau HONNEUR ET PATRIE – Angers H.P.»
- «Ceux de Manipule»  Un réseau de renseignements dans la Résistance en France - Marie Ducoudray - Editions Tiresias
- «Histoire de Segré» de Pierre Méchineau - page 170 à 176
  
 
 
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Tag(s) : #AdopteUnAncêtre, #Anjou, #Au pays des ardoises, #ardoisiers
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