Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Saint-Georges-sur-Loire est une commune située à quelques kilomètres d'Angers que traversait encore il y a plusieurs années la voie Angers Nantes.
Elle est attrayante du fait de son accessibilité, un carrefour reliant l'est d’Angers à l'ouest et le nord au sud du département. Sa population est plutôt jeune ce qui renforce son attractivité.
Par ailleurs,ce village porte les traces d'un passé riche d'histoire.
Saint-Georges a connu de tout temps une vitalité commerciale importante. Actuellement, on estime à 53% de l'activité  globale celle du secteur des commerces.
Déjà, à l'époque où mes ancêtres vivaient ici, ces activités étaient importantes et allaient de pair avec le travail de l'agriculture et de l'artisanat qui constituaient un maillage d'interactions facilitant le travail des uns et des autres. C'est ainsi que leur poste aux chevaux fut florissante pendant un temps, grâce à la diversité des artisans, aubergistes et commerçants du lieu, ainsi que la ferme de Jean Juret,  beau-frère de René-Guy Sortant maître des postes.
Vue de l'abbatiale de Saint Georges-sur-Loire - Louis Boudan (Sourcec Gallica)
Une abbaye s'y était installée dès le XIIe siècle, étendue à la fin du XIIIe siècle puis modifiée au XVIe siècle. L'abbaye vit plusieurs plans complètement différents mis en œuvre au fil des siècles.* Le bâtiment abrite désormais la mairie de la commune.  Une chapelle fut d'abord bâtie dans  cette abbaye,  puis une église reconstruite plusieurs fois jusqu'à celle, réalisée de 1825 à 1837, qui se dresse encore aujourd'hui tout près de l'actuelle mairie.

 

La Mairie de St Georges-sur-Loire - Photo personnelle
Thierry de Villepin, CC BY-SA 3.0 WikimediaCommons
Le village s'est organisé au fil du temps autour de cette abbaye.
D'autres implantations ont aussi contribué au développement de Saint-Georges, comme la création d'un prieuré dépendant de l'abbaye au sud sur une hauteur bordant la Loire. Racine ..... Un peu plus tard, on y construisit un château. La ferme de l'Épinay a vu s'y installer, le beau-frère de mon sosa 64 .
Un bon nombre de châteaux ont été construits sur son territoire pour certains dès le 16 et 17ème siècles.
Au XVIIe siècle, à l'époque de mes ancêtres de Saint-Georges, des notables ayant participé au commerce triangulaire se sont installés : comme Étienne Fortier au château de Chevigné et des membres de la famille Walsh, immigrés irlandais en 1749 au château de Serrant.*
La révolution vint ici aussi bouleverser le village quand les biens de l'église furent confisqués. Les révoltés vendéens ayant passé la Loire dans l'intention d'assiéger traversèrent le village. Les troupes républicaine firent halte à Saint-Georges  lors de leur poursuite des vendéens.
En 1789, la population s'était assemblée pour rédiger le cahier de doléances recueillies par Jean Baptiste Sortant* un des neveux de mon sosa 64.
Dès le début du XIXe siècle, les châtelains se sont réinstallés dans leurs châteaux. De nombreux travaux ont été entrepris : construction d'une levée pour devenir une route traversant la vallée puis construction d'un pont pour relier Chalonnes et Saint-Georges, ouverture d'une route reliant le village à Saint-Augustin vers le nord,  l'arrivée du chemin de fer.
Vers 1688,  après la naissance de ses 2 aînés qui eux avaient vu le jour à Savennières, René Sortant (1689 - 1747) a quitté son village natal et s'est installé à Saint-Georges-sur-Loire, paroisse toute proche, comme fermier du château de Serrant, au service de Marguerite Thérèse de Bautru. Il y exerça cette profession un temps puis devint maître des postes; il possédait des terres et quelques biens qui lui permirent de s'installer. Il doit respecter les "obligations de sa tâche" définies par le roi. La transmission du brevet de maître de poste se fait la plupart du temps de père en fils ou bien de l'époux à la veuve.
Ainsi à sa mort en 1747, c'est son fils aîné René -Guy qui lui succéda en tant qu'aîné.
Tous ses frères participent au bon fonctionnement de la Poste aux chevaux à la Closerie de la Barre. Le frère cadet de René-Guy, Jean-Baptiste devient aubergiste, et le benjamin, Philippe Sortant, mon sosa 64, sera sellier. Jean Juret, son beau-frère, mari de Sébastienne, demeurant à l'Épinay, lui est associé en tant que marchand fermier. Nicolas Delaître, beau-frère de Philippe et un de ses neveux sera un temps "conducteur". (Le conducteur - qui ne conduit pas! - est celui qui est "perché à l'arrière de la voiture, commande au courrier, et supervise le bon déroulement du voyage").
Jean-Baptiste, le frère de Philippe le sellier et René-Guy le maître des postes, s'installe comme aubergiste. Il semble bien qu'il établit ainsi une situation solide pour lui et sa famille. On retrouve pendant la révolution un de ses fils, juge de paix du canton de Beausite* et ensuite huissier impérial. Un autre de ses fils fut postillon, celui qui porte les courriers, monté sur un des chevaux en avant de l'attelage, devant toujours être prêt à partir si cela était nécessaire puis revenir ramener les chevaux au relais.
Lui, contrairement à son père n'est pas propriétaire mais simple locataire de ses terres, ce qui lui causera de très gros soucis.
Jusqu'aux années 1760, René-Guy Sortant connaît une période prospère, associé à l'époux de sa soeur Sébastienne, Jean Juret marchand-fermier.
Début de ses malheurs, en 1766, ses chevaux sont atteints par une épidémie de morve et il lui faut se séparer de l'un de ses douze chevaux. Mais le plus grave se déroule en 1770, lorsqu'il doit se soumettre à une réquisition du roi : participer au cortège qui accueille Marie-Antoinette à Compiègne, pour lequel il fournit cinq chevaux. Comme tout maître de poste, il se doit de « marcher à toute réquisition, à se soumettre, sans indemnité à tous les déplacements que pourraient exiger des services extraordinaires.». Obligé de confier son relais pendant son absence à des domestiques qui ne peuvent gérer son affaire, et une partie de ses chevaux ayant été réquisitionnée par le roi, tâche pour laquelle il ne reçoit pas du roi les indemnités qui lui sont dues, il arrive alors rapidement à la faillite: en 1772, couvert de dettes, et mis face à ses créanciers, il doit démissionner de sa poste; en 1774,  devant son notaire qui estime ses dettes comme « occasionnées par le malheur du temps »!!! , il n'arrive pas à convaincre ses créanciers. En conflit avec certains de ses enfants, il finit malheureusement sa vie à l'Hôtel-Dieu d'Angers, le 3 octobre 1792, dans la pauvreté.
Descendants de René 1689-1747 &1713 Sébastienne BANCHEREAU 1696-1742
  •  Sébastienne 1716-1792 &1735 Jean JURET 1710-1777
  •  Renée 1719-1741
  •  Louise 1724-1727
  •  René-Guy 1726-1792 &1748 Renée BELOUIN 1725-1748
  •  Jean, Baptiste 1728-?1801 &1759 Perrine HUSEAU                                 o Jean, Baptiste, Maurice1759-1810 &1783 Charlotte BONNEAU 1756
  •  Marie Magdeleine 1732 &1766 Jean POULAIN 1728
  • Marie Magdeleine 1732 &1777 Pierre PIAU
  • Jeanne, Perrine 1732-1757 &1756 Pierre BROSSAIS 1732-1778
  • Thomas 1735-1737
  • Philippe (sosa 64) 1737-1792..1802 &1767 Magdeleine DELAITRE 1742-1823
    • Marie Magdeleine 1768-1824 & Louis-Pierre SOUVRAY ca 1763-1810
    • Philippe 1769-1775
    • Antoine 1772-1809
    • Jean 1774
    • Philippe 1775 
    • Louis Stanislas 1777-1840 &1802 Marie CHEMINEAU 1767-181
    • Guilleaume 1778
    • Pierre 1778
    • Magdeleine 1779-1780
  • Anne 1742-/1782 &1772 Dominique PICHOT ca 1747-
Château de Cheviré
Château de l'Epinay
Le Sieur Étienne Fortier de Chevigné, dont la demeure est située tout près du Château de Serrant est rentré un jour de l'île de Saint Domingue, ramenant en France avec lui, un frère et une sœur qu'on lui avait confiés, Nicolas et Magdelaine Delaître (sans doute avant 1762 année où on trouve la trace de Magdelaine comme marraine à Saint Georges). Certainement ces voyageurs rencontrèrent alors l'entourage de René-Guy, dont Philippe son frère, probablement à Saint-Georges, mais peut-être par l'intermédiaire de son frère Nicolas, à Nantes puisque son métier pouvait l'y conduire.
Bien que tous les deux majeurs, le curé fut réticent à accorder le mariage du fait de sa naissance, sans l'autorisation des parents de celle-ci. Elle dut demander l'accord du juge royal qui accepta sa demande qui lui accordera une dispense.
Philippe, mon sosa 64, épousera le 7 décembre 1767 Magdeleine Delaitre née à Saint Marc à St Domingue en 1742. Elle était officiellement fille d'Antoine Delaitre et d'une esclave affranchie, Françoise Jouve, mais elle était né d'un notable installé à saint Domingue, Jacques Audouin, marié et déjà père.  Leur mariage fut en présence du Sieur Fortier, de Nicolas le frère de Magdelaine, les frères et la sœur de Philippe.
 
9 enfants, deux filles et 7 garçons dont une fille et un garçon décédée en bas âge, sont nés de ce mariage. La fille aînée Marie Magdeleine s'est mariée avec Louis Pierre Souvray et ont demeuré à Angers.
On ne retrouve aucune trace du décès des quatre autres garçons ainsi que de Philippe leur père depuis l'année 1792 où il signa sur l'acte de décès de sa soeur. Pourrait-il avoir mené les combats avec son fils et ses frères? Ont-ils participé à la virée de Galerne où tant de combattants sont morts? Pas un de leurs noms sur les listes des guillotinés!
Cependant, on retrouve la trace de deux autres fils : l'acte de décès d'Antoine, mort en 1809 durant la campagne d’Espagne de Napoléon où il a décidé de mettre fin à ses jours et l'acte de mariage de Louis-Stanislas en 1802 à La Tourlandry.
Quant à Magdeleine, elle a continué à habiter à St Georges probablement jusqu’en 1821, certainement seule, puisque son fils Antoine était décédé et Louis Stanislas éloigné de Saint-Georges-sur-Loire. Elle a fini ses jours en 1823, dans l’habitation de son fils à La Fardellerie, à La Tourlandry, loin de sa fille demeurant à Angers.
 
 
 
Add to Flipboard Magazine. Print Friendly Version of this pagePrint Get a PDF version of this webpagePDF
Tag(s) : #Challenge AZ 2020, #Ancêtres angevins, #Généalogie paternelle
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :