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Le village de La Tourlandry est situé en Anjou, et traversé par une route venant de Mauléon dans les Deux-Sèvres, passant par Chemillé et se dirigeant vers Saint-Georges-sur-Loire au Nord de la Loire.
Autrefois, y passait une voie romaine allant de Vihiers à l'Est au May-sur-Èvre à l'Ouest.
Tout près, les villages de Coron et de Vezins où plusieurs de mes ascendants ont connu de terribles événements pendant la révolution.
On trouve dans le village plusieurs traces des temps anciens : 
A la fin de Xème siècle, à l'ouest "un haut donjon est bâti sur le plateau ... par le chevalier Landry" ce qui serait à l'origine du nom du lieu. Ce donjon était "le centre d'un château fort, une église dans l'enceinte et double faubourg fortifié"
 En 1686, on parle des traces "d'un grand château enfermé de fossés avec pont-levis". A la fin du siècle suivant, il était en ruines.
Plusieurs monuments se remarquent ici :
- le château de la Giraudière construit au sud-ouest du bourg au pied de la colline des Gardes, non loin de la Boutière (où a demeuré la fille de mon sosa 64) 
Tuacar, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
L'église du château de La Giraudière
 
 

 

- le menhir de la Rigaudière et sa croix
La pierre de la Rigaudière
- le calvaire monumental du bourg érigé en 1867 avec l'aide des habitants; les statues sont du sculpteur Ducel, de Paris.
Tuacar, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Le calvaire
 
De nombreux habitants travaillaient comme tisserands au XVIIIème siècle pour les manufactures de Cholet. En 1751, il y avait, ici, 171 métiers à tisser. Moins d'un siècle plus tard, la misère des tisserands se fit grande et le maire se décida à leur ouvrir "des ateliers de charité"; "il fit travailler les hommes aux chemins tandis que les femmes ramassaient des pierres dans les champs pour les terrassements" On comprend ici pourquoi, dans les années où ses enfants sont venus au monde, Louis-Francois, mon sosa 16, pratiquait plusieurs métiers, maçon ou tisserand, comme on peut le lire sur leurs actes de naissance. Peut-être, est-ce la raison pour laquelle son beau-frère, Vincent Cassin, auparavant tisserand aurait effectué celui de marchand et plus tard de voiturier. 
  
Ce village fut au coeur de la Révolution et mes ancêtres l'ont traversé dans le malheur quand vint l'heure de la Constitution civile du clergé, son curé refusa de prêter serment et se réfugia à la Rochelle; un autre refusa aussi et fut déporté en Espagne; alors ce fut un prêtre irlandais qui prit la place. Le vicaire, Louis Grolleau qui, lui aussi, refusa, réussit à se cacher - plus tard, il rejettera même le Concordat et rejoignit la "Petite Église" qui était ralliée à l'époque par bon nombre de catholiques du sud des Mauges et du nord des Deux-Sèvres. La "Petite Église" existe encore aujourd'hui. *
La Tourlandry a fourni, pendant la Révolution, un fort contingent à l'armée catholique et royale. Le village traversa toutes les guerres vendéennes et y trouva des partisans jusqu'aux années 1830-1832 où vint enfin l'apaisement.
Un de ces chouans fut mon sosa 32. Il fut même à la tête d'une petite troupe de gens du pays.

 
Pendant la première période de la Révolution, certains de mes ancêtres y trouvèrent la mort.  (J'ai évoqué cela à la lettre R de ce ChallengeAZ) Pierre Renou, mon sosa 68 et sa femme Perrine Poitevin ont disparu alors que leur fils était encore très jeune; il fut élevé par son oncle. Que leur est-il arrivé? Ont-ils péri dans les incendies qui ont ravagé le village ou massacrés dans la forêt de Vezins toute proche par les colonnes infernales en mars 1794? Ou peut-être encoreont-ils participé à la Virée de Galerne en 1793?
Louis Stanislas Sortant, futur beau-père de leur petite fille, Perrine Renou, mon sosa 17, eut plus de chance alors qu'il fut probablement de tous les combats, et en revint.
C'est probablement dans les combats de 1793 que Louis Stanislas, mon sosa 32, s'est imprégné de «l'esprit vendéen», d'après ce qui est transcrit du procès de Blois dont il fut un des accusés. Son père et ses frères dont on ne retrouve aucune trace de décès, demeuraient comme lui avant la révolution, à Saint-Georges-sur-Loire; ils ont pu aussi y participer, d'autant que Louis Stanislas n'avait que 16 ans à l'époque. 
Louis Stanislas est né à Saint-Georges-sur-Loire d'une mère mulâtre et de Philippe Sortant, sellier à la ferme des Postes de son frère à Saint-Georges. On ne sait quand Louis s'installe à La Tourlandry, un village des Mauges au cœur des révoltes vendéennes, entouré de bocages et parcouru de sentiers qui serpentent à travers les haies ou les fourrés de genêts propice aux embuscades.
On y retrouve sa trace ici à l'occasion de son mariage avec sa première  épouse, Marie Chemineau le 18 février 1802. Par la suite, il eut deux autres épouses.
Louis a exercé de nombreux métiers comme bourrelier, vitrier, puis maçon. On dit qu'il faisait preuve d'une grande agilité et force physique*, des qualités qui lui furent utiles dans son engagement au service de la révolte vendéenne, de même que son caractère affirmé*, peut-être forgé par toutes ses participations aux combats; on apprend dans la retranscription de son procès, qu'il fréquentait  beaucoup les auberges. 
Dès l'âge de 16 ans, Louis s'engage auprès de Marigny, puis il continue sous son commandement après la défaite de Savenay, ce chef ayant reconstitué début 1794, une armée dite du "Haut-Poitou" à Cerizay. Mais Marigny est tué en juillet par des partisans de Stofflet qui n'acceptait pas le partage du commandement.
En 1799, une nouvelle flambée se produit, avec des opérations menées par le Comte Charles d'Autichamp. On ne sait si Louis y a participé. Malgré des escarmouches fréquentes, le calme relatif dure jusqu'en 1815 au retour de Napoléon de l’Île d'Elbe qui met fin au court règne de Louis XVIII. Alors, la révolte vendéenne reprend et Louis Stanislas s'y engage. Mais, plusieurs de leurs chefs sont tués notamment Louis de La Rochejacquelein; dès lors leurs bandes sont contraintes d'abandonner la rébellion. Il semble, désormais que le pouvoir ait pu réussir à mettre fin à la Chouannerie,
Pourtant, quelques quinze années plus tard, à l'arrivée de Louis Philippe particulièrement contesté par la noblesse vendéenne qui ne reconnaît que l'héritier légitime du trône, Charles d'Autichamp, chef historique encore vivant, ayant connu toutes les guerres vendéennes fait renaître la contestation suite à l'exil du roi Charles X. Des bandes se reconstituent, certaines incitées par les discours de certains prêtres et les nobles, d'autres par le mécontentement dû à l'anticléricalisme renaissant, les provocations, la suspicion, les enquêtes concernant les royalistes, la crainte de la conscription, les rançons que subissent les agriculteurs de la part des soldats, ou le chômage grandissant à l'époque. C'est donc sans aucune préparation et sans beaucoup d'informations préalables que dans les Mauges les bandes s'organisent et qu'à cette faveur, Louis se retrouve chef de bande avec son ami Delaunay. Il en avait les qualités de meneur mais sans le soutien d'objectifs bien définis par la noblesse locale, il lui sera difficile d'organiser la lutte. Chaque bande ratissait un secteur qui lui était propre; celle de Louis Stanislas, dont le secteur s'étendait de Chemillé - petite ville où avait pris place un régiment installé à la demande du Préfet pour combattre les contestataires - jusqu'à Maulévrier aux frontières des Deux-Sèvres, s'attaquait aux maires soutenant le pouvoir et les menaçait pour prendre leurs armes. Parfois des actions violentes eurent lieu jusqu'à l'assassinat de gendarmes, dont on n'a pas la preuve de la participation de Louis Stanislas qui "d'ordinaire savait arrêter des élans combatifs" si les actions entreprises dégénéraient. Mais ce fut l'occasion pour le pouvoir de l'accuser dans le but de stopper la rébellion.
Louis Stanislas finit par rendre les armes. Il décide de partir seul pour Cholet où le capitaine de gendarmerie qui le connaît, lui fait confiance; celui-ci le laisse rentrer chez lui.
Mais le ministère de la Guerre, averti de la soumission de Louis, ne l'entend pas ainsi et décide de tout mettre en œuvre afin de l'accuser et l'arrêter le 9 octobre 1831. Il est emprisonné à Angers durant plusieurs mois avant son procès. Le procès des chefs chouans débute à Blois en octobre 1832, loin du centre de l'insurrection. Louis Stanislas Sortant est finalement condamnés à 10 ans de prison.
Louis-Philippe amnistie Louis Stanislas Sortant, en 1837. Tombé malade, il meurt à l'hôpital d'Angers en octobre 1840, âgé de 63 ans.
 
 
Son fils Louis François Sortant, mon sosa 16, épouse Perrine Renou le 23 avril 1839 à Coron. Ils demeureront à la Fardellerie un petit village de la commune de La Tourlandry. Ils auront cinq enfants dont l'un d'eux mort en bas âge. Tout le reste de sa vie se déroulera ici où il exercera divers petits métiers jusqu'à son décès en 1870.
Trois ans plus tard, on retrouve sa femme et ses enfants dans des communes proches d'Angers où ils espéraient probalement du travail et une vie meilleure. Même là, ils ne semblent pas sortis de la misère avant au moins une dizaine d'années. (article P de ce ChallengeAZ et RVAncestral de novembre 2017)  
 
 
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Tag(s) : #Challenge AZ 2020, #Ancêtres angevins, #Généalogie paternelle
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