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La Quenouillère est un petit village sur le territoire de Brain-sur-Longuenée.
Le village de Brain-sur-Longuenée est situé à l'Ouest du Lion-d'Angers, à l'Est de Vern-d'Anjou sans oublier Gené au Nord-ouest du village et la Pouëze au Sud-ouest puis bordé par la forêt de Longuenée qui s'étend au sud jusqu'au Plessis-Macé. De nombreux chemins les relient à Brain.
  
Pour voir la carte sur le site Geoportail, cliquez sur le lien suivant Hydrographie Erdre-en-Anjou
  
La forêt était importante pour les villageois à l'époque de mes ancêtres. Elle avait favorisé le développement du village par diverses ressources qu'elle offrait; depuis le XIème siècle les charbonniers qui étaient assez nombreux, vivaient dans des loges en lisière de forêt car leur activité participait aux besoins des villageois. Dans cette forêt, on trouvait «de la pierre (schiste), de la grave (sable, argile) pour construire». 
Pourtant Célestin Port explique que «la paroisse misérable et chargée de pauvres, sans autre culture que de seigle et d’avoine, sans pacages, sans récoltes rémunératrices, malgré force engrais, était de plus saccagée par les bêtes fauves qui prenaient impunément repaire dans la forêt.» 
A l'été 1661, des pluies continuelles et des températures anormalement basses au printemps provoquent une flambée du prix des céréales qui est multiplié par quatre. D'autres aléas encore faisaient craindre des pénuries, car depuis plusieurs siècles, à Brain-sur-Longuenée, situé sur le passage du sel entre la Bretagne, province exonérée de la gabelle, et la Mayenne, les gabeleurs et les faux-sauniers qu'ils poursuivent, «passant par la forêt de Longuenée, traversent les ensemensées et font des rotes dans les bleds». Jusqu'en 1663, la famine fait rage et les épidémies se répandent.
A partir de 1693, le froid et la famine sévissent dans toute la France suivies de nombreuses épidémies. C'est le début d'un important refroidissement du climat qui durera jusqu'en 1715. Des années de grande misère s'annonçaient. Famines et épidémies se succèdent pendant des années.
On compta alors en France entre 1,6 million et 2 millions de morts, avec un nombre très faible de naissances, ce qui entraîna une diminution de 6,8% de la population, un pourcentage qu'on peut rapprocher, selon François Lebrun, historien, des pertes de la Première Guerre mondiale.
Ces désastres touchèrent aussi fortement l'Anjou.
 
Le moulin de la Quenouillère, celui où travaillèrent les trois générations de Guilleu trouvés dans les registres de Brain-sur-Longuenée, exista jusque dans le dernier quart du XIXème siècle.
Le moulin, un peu isolé au nord-est du bourg, était proche du village du même nom, village assez important de la Quenouillère où demeurait alors l'abbé Pierre Porcher qui, d'ailleurs, fut choisi comme parrain de le fille aînée de Jehan et Mathurine. Dans ce lieu, à cette époque, vivaient et travaillaient une cinquantaine d'habitants dont des tisserands, des filassiers, activités qui pourraient avoir été à l'origine du nom de ce village.
Cependant, on sait grâce au dictionnaire du monde rural de Marcel Lachiver, «Les mots du passé» qu'en Anjou, une «quenouille» est un grand roseau à tête noire des étangs qu'on nomme aussi roseau de la passion. Evidemment, la quenouille angevine doit probablement son nom à la ressemblance avec la petite canne en bois léger dont le haut est entouré de fils et qui sert à filer la laine ou le chanvre.
Comme ce lieu de la Quenouillère était entourée de très nombreux étangs et ruisseaux, la Thiberge à l'Ouest et le ruisseau des Marais à l'Est, ainsi que d'autres enserrant la paroisse, il est très probable que le roseau soit la raison de l'attribution de ce nom à ce lieu.
Jehan Guilleu est baptisé le 28 janvier 1597 à Brain-sur-Longuenée, il est le fils de René Guilleu, mon Sosa 4608, et Mathurine Dorange, Sosa 4609. Il deviendra meunier à la Quenouillère.
Il a eu un frère René né, lui, en 1590. Mais, on ne trouve pas de traces de René, ici. En revanche, pour ce qui concerne la famille Dorange, on est sûr que la plupart ont demeuré à la Quenouillère. Ont-ils travaillé au moulin ou rendu des services au meunier? Cela est très probable. On trouve assez souvent leur nom dans les actes concernant les Guilleu.
 
Jehan, mon Sosa 2304, se marie le 5 mai 1624 au Lion-d'Angers avec Mathurine Gardais. L’épouse du meunier était souvent fille de meunier et venait parfois de loin; elle devait connaître le métier pour seconder son époux et le remplacer. C'est pourquoi, on pourrait penser que l'épouse de Jehan, Mathurine Gardais était fille de meunier; mais rien n'est sûr et peu d'indications dans les actes de Brain-sur-Longuenée à cette période.
Le moulin de la Quenouillère situé au nord-est du village, c'était ici que Jehan Guilleu travaillait (il exista jusque dans le dernier quart du XIXème siècle).
Il aura 6 enfants ; deux de ses filles quitteront Brain-sur-Longuenée après leur mariage, l'une avec René Augeul du Lion-d'Angers dont la famille est originaire de Gené et l'autre Jean Lemesle de Gené quand l'aînée aura passé sa vie à Brain-sur-longuenée.
- Mathurine 1625-1689
- Jean 1628-1680
- Pierre 1631
- Geoffray 1635-1639
- Jeanne 1639-1689
- Jacquine 1642-1709
Numérisation par Poussin jean - Collection privée, mairie de la Pouëze - CC BY-SA 3.0
Jean, mon Sosa 1152, fils de Jehan et Mathurine, naît le 9 mars 1628 y sera meunier à la suite de son père. Ses parrain et marraine sont Pierre Faucillon fils de défunt René Faucillon et de Renée Dorange,
Jehanne Dorange fille de Guillaume Dorange et de Philleberde Verger. Ceci prouve des liens forts avec les Dorange mais je n'ai pas trouvé encore tous les liens qui peuvent les rattacher.
Un peu avant l'âge de 30 ans, Jean épouse Renée Benoist habitant Brain-sur-Longuenée. Quatre enfants naissent de ce mariage :
- Marie en 1657 qui décédera en 1666 ;
- Joseph en 1660;
- Jean, en 1664, mon Sosa 576, qui deviendra, à son tour, meunier à Brain;
- enfin, le dernier enfant, Marie née en 1668.
Ainsi, quand Jean, succéda à son père en tant que meunier à la Quenouillère, sa vie ne devait être guère différente de celle de ses parents, peut-être plus difficile encore dans le contexte de l'époque.
Sa fille aînée, Marie, décède à l'âge de 9 ans alors que ses deux frères n'étaient encore que de tout jeunes enfants de 2 et 6 ans. En grandissant, ils participeront sûrement à leur tour aux menus travaux du moulin, pour aider et apprendre le métier, puis succéder à leur père.
Après 1679, date où il est le parrain de sa cousine Marie Augeul, on ne trouve plus la trace à Brain de Joseph, second enfant de Jean et Renée Benoist.
 
Mais Jean, mon sosa 576, son frère, est encore, à ce moment, présent à Brain-sur-Longuenée.
Le moulin de Buegel - Wikipedia
Le 27 novembre 1685, Jean Guilleu, sosa 576 , âgé de 21 ans, y épouse Perrine Behier
Cinq enfants naissent de cette union dont deux décéderont en bas âge.
- Perrine née en 1687
- Jean né en 1688
- Joseph, mon Sosa né en 1695;
- Perrine née en 1690 et décédée en 1696;
- Louis né en 1693 et décédé en 1694.
 
Depuis sa naissance en 1687, on n'a pas de traces dans les registres de Brain de Perrine, l'aînée; la deuxième des filles, prénommée aussi Perrine est née en 1690 et n'a vécu que 6 ans. Louis décédé en 1694, avait à peine deux ans.
En revanche, les deux autres fils de Jean et Perrine, Jean et Joseph ont, eux, atteint l'âge adulte. Pourtant leur vie ne fut pas très longue ni pour l'un, ni pour l'autre.
 
Sans doute le froid et la famine, puis les nombreuses épidémies qui sévissent à cette période ont pu aussi toucher la famille. Ces années de grande misère eurent des répercussions sur la vie de toute la population et la santé tout comme l'activité de la famille Guilleu ont pu s'en ressentir : les enfants décédés, la pénurie de grains entraînent pour les moulins de lourdes conséquences. C'est peut-être ce qui bouleversera leur destinée, puisqu'à l'âge adulte, ils exerceront leur métier dans d'autres lieux que celui de leurs ancêtres!
 
Jean, mon sosa 576 et ses deux fils Joseph et Jean seront les premiers des meuniers de la famille Guilleu à quitter Brain-sur-Longuenée, le village de leurs ancêtres, pour la paroisse de Neuville toute proche, peut-être pour le moulin de la Beuvrière tout proche de la Quenouillère ou un autre sur la Mayenne.
La famille demeurait encore à Brain-sur-Longuenée en 1701 et on la retrouve en 1711 à Grez-Neuville.
Le fils Jean décède à cette date; il n'avait que 20 ans. Il a été inhumé à Grez-Neuville le 15 avril 1711.
 
A son tour, le père décède en 1718 au Lion d'Angers, probablement au moulin de Varennes qu'on situe tantôt là, tantôt sur le territoire de Thorigné-d'Anjou, mais construit à la limite des deux villages, les familles choississant de faire baptiser les enfants dans l'une ou dans l'autre.
 
Son fils Joseph, mon Sosa 288, qui lui succédera comme meunier n'y passera guère d'années de plus. Il décédera le 24 janvier 1720 à l'âge de 24 ans; lui sera inhumé à Thorigné le 24 janvier 1720. Quatre ans plus tôt, il avait épousé Madeleine Marquis. Ils avaient eu trois fils qui eux aussi sont décédés durant ces mauvaises années:
- Jean, un mois après sa naissance en novembre1718- 
- Julien à l'âge de quatre ans en juin 1724
Seul Joseph, mon sosa 144, a survécu et eut une nombreuse famille* et disparaîtra à l'âge de 58 ans.
* dont j'ai parlé à la lettre F- Feneu
 
 
 

Sources :

Livre Contexte de Thierry Sabot
Livre "Faim de pain" de l'association "Présence du Haut-Anjou
 
 
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Tag(s) : #Challenge AZ 2020, #Généalogie paternelle, #Ancêtres angevins
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