Un de nos petits frères souffrait d'une déformation du sternum qui s'avançait vers l'avant, ce qu'on appelle "un sternum en carène" ("pectus carinatum"). La déformation était bien sûr disgracieuse mais pouvait plus tard entraîner des troubles. Voilà pourquoi son médecin a conseillé de porter une plaquette de bois à poser sur le thorax reliée à une autre plaquette dans le dos et ce bébé de tout juste deux ans et demi devait le porter la nuit et parfois à d'autres heures dans la journée! Mais cela ne suffit pas, il fallut aussi l'envoyer dans un sanatorium sur la côte vendéenne tenu par des religieuses!
Imaginez la souffrance d'une maman qui voit d'abord son enfant enserré dans ces plaques et ensuite devoir le quitter en l'envoyant loin de chez lui! Comme si cela ne suffisait pas, il fallait subir la violence d'une religieuse qui l'arrachait de ses bras! Plus encore, à chacune de leurs rares visites, du fait de l'éloignement et de la mauvaise volonté de la direction de l'établissement, mes parents remarquaient bien d'autres négligences. Cela dura une année!
Quand enfin il rentra à la maison, le plus petit frère avait grandi, mais il ne le reconnaissait pas, puisqu'il n'était qu'un bébé lorsqu'il avait quitté la maison un an plus tôt. Il demandait alors "où était le bébé?"
Évidemment, un tel déchirement ne peut que laisser des séquelles psychologiques notamment en ce qui concerne l'attachement du petit enfant à sa mère et inversement. Mais à l'époque, il n'existait pas de structures bien formées à l'accueil de petits malades, ni non plus de psychologues qui auraient pu aider à réparer cette cassure.
Tout ceci est la plupart du temps assuré désormais, tout comme les traitements qui sont moins durs comme le port d'un "corset dynamique de compression portés quelques heures par jour pendant plusieurs mois." On peut même avoir, à l'adolescence, recours à la chirurgie.
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