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Cet article du #ChallengeAZ traite des dangers de cette guerre, la faim, la soif, les blessures, et la mort ... à travers des lettres ou carnets de soldats français ou allemands.

 

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En lisant les historiques du régiment et les journaux de marche, on voit combien de batailles sont rudes et on y découvre les morts et les blessés nombreux. On se pose la question de savoir comment les poilus ont pu réagir à toutes ces horreurs. Les soldats sont partis sûrs d'eux, avec la certitude qu'ils seraient assez forts pour battre l'ennemi. Leur assurance leur cachait les dangers qu'ils allaient devoir affronter.

Il semblait que Joseph lui-même, à sa première année sur le Front, était plein d'assurance à ce qu'en témoigne ses courriers.

"Ici, ils n'osent se risquer. Je crois qu'ils perdraient leur temps et qu'ils sacrifieraient des hommes inutilement. Un de ces jours, ils vont peut-être recevoir une rude leçon." écrivait-il à l'été 1915.

Parfois, il semblait relativiser les choses dans ses messages à destination de son épouse, probablement pour la rassurer

"Pour les nouvelles relatives à Verdun, il y a à prendre et à laisser. Personne dans le public ne peut savoir ce qui s'est passé exactement. Les Boches se vantent et exagèrent beaucoup dans leur intérêt. Ils ne peuvent que peu de choses et le temps approchent où ils n'auront qu'à demander la paix et cela ne tardera pas." répondait-il à une question de Mathilde, son épouse en mars 1916. Il faut savoir qu'à ce moment-là, il était en repos et n'avait pas encore affronter les durs combats de la côte 304.

 
Puis vint très vite le temps où la guerre devint terrible et meurtrière. La souffrance et la mort atteignirent les soldats de quelque côté qu'ils se trouvaient.
 
Un lieutenant allemand écrivait à sa sœur et son beau-frère, le 8 avril 1916 : "Je ne peux pas vous décrire tout ce que j'ai vécu ici, cela a dépassé de loin tout ce qui avait eu lieu jusque là. En trois jours la compagnie a perdu plus de cent hommes. Et bien des fois, je n'ai pas su si j'étais encore vivant ou mort. Et nous n'avons pas encore été à l'ennemi, nous y allons demain et ce n'est pas une petite affaire. j'ai abandonné tout espoir de vous revoir. Celui qui sortira d'ici pourra remercier Dieu." Le lendemain 9 avril, il fut tué dans la bataille.
 
"Nous nous trouvions à la sortie de Fleury, devant le fort de Souville. Nous avons passé trois jours couchés dans les trous d'obus, à voir la mort de près, à l'attendre à chaque instant. Et cela sans la moindre goutte d'eau à boire et dans une horrible puanteur de cadavres. Un obus recouvre les cadavres, un autre les exhume à nouveau. Quand on veut  se creuser un abri, on tombe tout de suite sur les morts."  écrivait à ses parents le soldat Karl Fritz.
 
Un autre soldat racontait : "Les rats pullulaient. ils vous passaient sur le corps la nuit, on se cachait la figure sous sa couverture pour s'en protéger. On suspendait des boules de pain par des ficelles attachées aux poutres supérieures. Les rats essayaient d'atteindre les pains en descendant le long des ficelles, mais presque toujours, ils tombaient sur le ventre des dormeurs. Le jour, on en faisait la chasse au bâton et à la baïonnette à travers les paillasses."
 
Un autre danger c'était de souffrir de la soif. Un soldat français, Alexandre Chrétien écrivit en mars 1916 : " Nous voyons à une vingtaine de mètres à gauche briller l'eau que nous cherchions. D'un bond, nous y sautâmes tous les quatre. Ah quelle joie nous avons éprouvée en arrivant à ce trésor, car de l'eau c'est plus précieux qu'une mine d'or quand on souffre de la soif."
 
"L'effectif fond, chevaux, hommes, tout pareil. Le plus douloureux - c'est atroce de l'écrire - c'est de devoir laisser les blessés sans secours tant que dure le tir." racontait un artilleur dans son journal en février mars 1916. Et encore "Le sommeil est pis que la faim ou la soif. Nous sommes mal nourris. Nous manquons d'eau. Nous grognons mais nous tenons quand même."
  
Hors les témoignages par les carnets, les mémoires ou les courriers de soldats, les journaux de marche nous donnent une idée de la violence de cette guerre où tant d'hommes se sont battus et ont péri; tant d'autres ont été blessés et marqués dans leur vie.
 
Demain pour la lettre Y du #ChallengeAZ, je ferai un article sur un événement terrible de cette guerre, la première attaque chimique lancée par les allemands qui a fait plus de mille morts et au moins 15000 hommes intoxiqués.
 
 
 
Sources :
- courriers de mon grand-père
- courriers ou carnets de poilus français ou allemands lus au Mémorial de Verdun
 
 
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Tag(s) : #challenge az 2018, #guerre
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