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Juste avant Noël 1915, le 411è RI quitte la zone située entre de Pontavert et Craonne dans l'Aine, une zone de bois et de marais occupée en septembre 1914 par l'ennemi et reprise un mois plus tard, Le régiment pendant les quelques mois passés ici a connu dans cette période connaît de très nombreuses escarmouches.
 
tranchée de Posen, zone où se trouvait Joseph marquée "dans ces parages"

Les soldats en partance pour un autre front n'imaginent pas que le plus dur est à venir. Mais au moins espèrent-ils Noël ensemble éloignés du front. Pourtant dès la veille, ils prennent la route vers l'est de Reims vers le Front de Champagne où de très durs combats ont été livrés en septembre dernier.

Ils gagnent Coupéville pour arriver le lendemain dans le secteur nord-est de Beauséjour à 500 m duquel le général commandant de la 123è DI a rejoint son PC dès le 23.
Là, les soldats découvrent alors un paysage «dénudé et aride» s'étendant «à perte de vue, couvert de trous d'obus». Pour se protéger du feu des combats, les belligérants ont dû s'enterrer dans «d'interminables boyaux creusés dans la craie blanche, remplis d'eau et d'une boue gluante».
Finalement, ils relèveront les régiments qui avaient livré ces derniers mois ces difficiles batailles sur le front entre Maisons-de-Champagne et le bois Sabot à l'Est de Souain. Finalement c'est là qu'ils passeront Noël. Le 26, leur division est mise sous les ordres du Général commandant le 15 ème corps d'armée dont le QG se trouve à Hans où ils cantonneront quelquefois dans les mois à venir.
 
Depuis l'arrivée de la Division, le secteur est relativement calme, cependant l'activité souterraine de l'ennemi doit être surveillée de près.
Les lignes ennemies sont toutes proches et il ne faut surtout pas se montrer. En plus, les soldats avancent avec peine dans cette boue de craie blanche gluante dans les tranchées de Posen et d'Haraucourt tout près de Maisons-de-Champagne. La boue salit tout même les fusils, et enrayent les armes automatique. Il ne faut pas se décourager pourtant ! Il faut sortir pelles et pioches pour creuser du soir au matin et améliorer l'espace de ces tranchées pour pouvoir se défendre.
Le 1er janvier un bombardement d'obus s'abat sur tout le front de la division.
 

Les premiers jours de janvier, les attaques recommencent et les bombardements détruisent tout à nouveau et la nuit, il faut recommencer à creuser et reconstruire les abris. Les hommes de corvées ont du mal à de frayer un chemin et doivent tenter de se protéger ; la « soupe » n'arrivera peut-être pas ces jours-là ?

Puis quelques jours plus tard, le 9 janvier, une fumée épaisse fait croire à l'utilisation par les allemands de gaz asphyxiants ; les soldats enfilent leurs masques en toute hâte. La panique les fait reculer. Les tranchées de deux compagnies sont envahies par l'ennemi. Mais un sous-officier, le lieutenant Guerlais, comprenant qu'il ne s'agit pas de gaz asphyxiants mais une attaque au lance-flammes, reprend les choses en main et fait immédiatement construire des barrages avec l'aide du génie.
Un peu plus tard dans la soirée, deux autres compagnies lancent un l'assaut pour reprendre deux tranchées. Malheureusement, cette reprise s'est faite au prix de lourdes pertes d'hommes dont le lieutenant Guerlais tué d'une balle au front mais aussi de nombreux blessés.
 
Le lendemain, tandis que les allemands n'occupent plus qu'une petite partie des tranchées, les soldats du 411è RI entourent par surprise l'ennemi, repoussé «avant qu'il n'ait pu réagir», Malheureusement ce n'est pas le cas de deux compagnies celle de Busson et l'autre de Berlais soutenus par une compagnie du 412è Ri qui «se brise sur la tranchée allemande». Finalement, la compagnie Burlais est «décimée».
Dans l'après-midi, une troisième contre-attaque permet de récupérer la tranchée une des dernières qui restait entre les mains des allemands. Épuisés, les soldats qui ont mené ces combats sont relevés durant la nuit.
Il ne restera que la compagnie Busson pour poursuivre la reconquête des derniers points occupés. Ayant obtenu de précieux renseignements durant la nuit, le chef de la compagnie décide d'une attaque pour le lendemain matin. Grâce à une opération habilement conduite, et la ténacité de ses soldats, la compagnie regagne du terrain. Cependant malgré ces efforts, il est impossible de chassé les allemands d'un observatoire chargé de mitrailleuses.
Dans la nuit des 12 au 13 janvier, la compagnie subit encore un bombardement par des obus allemands. Ces trois journées furent terribles et lourdes en pertes humaines «263 disparus, plus de 250 blessés», «4 officiers tués et 5 blessés», «54 sous-officiers, caporaux et soldats tués» et une section de mitrailleuses entièrement décimée.
Le terrain perdu a été repris malgré la supériorité numérique des allemands, cela grâce à l'énergie et la ténacité du 411è RI.
Un repos à Hans est amplement mérité.
Durant toute cette période, on n'a aucune aucune carte de Joseph envoyé à sa famille ce qui ne semble pas étonnant.
Jusqu'au 15 avril, le régiment fut occupé à des travaux et des défenses dans les tranchées.
Ce n'est que le 15 que le 411è est relevé et retrouve le cantonnement de Hans où il restera deux semaines avant de prendre, les premiers jours de mai, la direction de Changy près de Vitry-le-François, »calme et douce campagne» champenoise plantée de vignes et parsemée de petits chemins où les soldats ont pu profiter d'un repos réparateur. C'est là que le 3 mai Joseph écrit enfin une carte pour annoncer à sa famille son nouveau grade (cf article ,,,)

Il se pourrait même que Joseph mon grand-père ait pu se fournir en pain tout frais dans un petit village proche de leur cantonnement nommé Bassuet dans lequel nous nous sommes rendus en 2017 avec l'intention de comparer la photo de la carte avec ce qu'il est aujourd'hui. Une belle occasion pour parler avec quelques habitants du village qui nous ont raconté l'histoire de la disparition de cette boulangerie et du village qui perd ses habitants.

 
 
Sources :
 
- JMO 123è DI
- Historique du 411è RI
- Voyage dans la Marne
 
 
 
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Tag(s) : #challenge az 2018, #Guerres
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