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Pour ce #rdvancestral, voilà revenue au village de mes ancêtres maternels. Mes fréquents passages ici m'ont donné envie d'entrer à nouveau chez eux.

 

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Hiver 2016, je traverse le village de Sévérac. Parvenue aux environs de l'église, comme à chacun de mes passages ici, avec une certaine nostalgie, je jette un coup d’œil à la maison où vécurent mes ancêtres maternels et j'aperçois apposé sur le portail de l'habitation un panneau annonçant sa mise en vente. Souvent, je me suis dit que j'aimerais beaucoup visiter cette habitation. J'avais déjà essayer de le faire dix ans plus tôt mais l'occupant des lieux avait été réticent à nous y faire entrer. Je me dis que cette fois c'est l'occasion; aussitôt je note les références de l'agence qui pourra me le permettre.
 

 

Plusieurs semaines après, j'attends avec impatience, à l'est de la maison, la personne qui doit m'ouvrir la porte. L'église, face à elle, sonne dix coups. C'est avec émotion que j'entre enfin dans les lieux où ont vécu mes arrière-grands-parents, ma grand-mère et ses frère et sœurs, le lieu qui a connu la naissance de ma mère, celui-là même qui a abrité ses vacances heureuses en compagnie de ses frères et de ses sœurs. En pénétrant ici, je m'imagine la joyeuse maisonnée entourée de leurs tantes et leur grand-mère. Je découvre alors, à l'étage, la chambre où les enfants devaient se serrer un peu, puis la plus petite réservée à mes grands-parents, puis celle où les femmes de la maison, mes grandes-tantes et leur mère, devaient trouver de la place à cette période estivale. Au moment où  je redescends l'escalier, je crois entendre des voix. Mais ça me semble une illusion quand je vois la pièce principale de la maison absolument vide. L'agent immobilier me fait apprécier la pièce spacieuse qui accueillait toute la famille lors des repas et des soirées autour de la cheminée qui semble toujours à sa place aujourd'hui encore. Je continue de suivre mon guide qui veut me montrer les dépendances et les terres attenantes. C'est alors que j'entends plus nettement un homme qui parle dehors. Est-ce lui que j'ai cru entendre tout à l'heure dans la maison? En effet, dans la courette au couchant, j'aperçois un homme encore jeune entouré de plusieurs enfants, un garçon âgé d'environ quatorze ans, trois filles, l'une d'elles plutôt ronde, la plus âgée, qui semble un peu triste, puis une autre assez élancée à peine 15 ans et la plus jeune environ 10 ans, son visage un peu rond et ses yeux clairs qui me dévisagent. Je la reconnais, oui c'est bien elle, c'est Mathilde, ma grand-mère!
- Jeanne, Marie, Alexis allez aider votre mère au jardin. Obéissants, les trois aînés se dirigent à travers le hangar vers le jardin tout en longueur.
- Mathilde, toi, tu vas m'accompagner pour rapporter des provisions; va chercher les paniers.
Je devine alors que cet homme est Jean-Marie, mon arrière-grand-père.
Je jette un coup d’œil autour de moi et je m'aperçois que l'agent immobilier a disparu! Ai-je rêvé ou bien est-ce qu'à cet instant, je suis plongée dans un autre monde? Un petit calcul rapide me donne une idée de la date où je me retrouve face à la famille de ma grand-mère! 1899? Certainement! car les choses et les personnes me paraissent quelque peu différentes de ce que je connais, mais pas autant qu'on pourrait l'imaginer. Mais, Jean-Marie, lui, semble un peu surpris d'avoir en face de lui une femme aux cheveux courts bien plus âgée que lui, habillée d'un pantalon et d'une veste colorée. Alors, je me présente à lui comme une parente. A peine étonné, il m'accueille chaleureusement et m'invite à l'accompagner vers le cellier au Clos Ramet. Mathilde le suit; à elle, je n'oserai dire qui je suis, imaginant bien qu'elle aurait dû mal à comprendre la situation.
Nous longeons les habitations mitoyennes de la leur et nous continuons sur le passage qui conduit à la parcelle de 16 ares et demi que cultive Jean-Marie et ses frères. A droite, nous entrons dans le cellier, un appentis appuyé contre le mur d'une habitation. Là, légumes et vivres sont conservés dans des garde-manger, à l'abri dans le creux du mur ou déposés dans des trous dans la terre.
Jean-Marie nous conduit ensuite vers un autre appentis bâti au nord d'une maison du bourg sur un terrain d'environ 70m2 où est creusé sous terre une petite cave où quelques tonneaux sont entreposés d'où il tire du cidre remplissant deux bouteilles.
- Vous resterez bien avec nous pour partager le repas de midi. Voyant mon air hésitant, il ajoute:
- Un de plus ou un de moins ça ne fait pas de différence!
Je n'osais pas refuser.
En sortant de ce petit terrain, Jean-Marie me désigne à droite, une parcelle de terre de 100m2 jouxtant le bourg, le courtil Rialland, où quelques-unes de ses bêtes sont en train de paître.
- Maintenant, il faut que je vous présente à Marie-Louise. Allons la rejoindre au courtil près de la maison.
Nous retrouvons Marie-Louise et ses trois autres enfants occupés au rangement du hangar servant d'étable tandis que leurs quelques vaches paissaient dans le courtil tout proche. 
Je me présente à Marie-Louise : - Je m'appelle Marie.
- Comme notre 2ème fille  qu'elle fait s'approcher pour me saluer.
- Il faut que je vous dise que je porte comme deuxième prénom le même que celui de votre fille.
Cette annonce qui ne peut que les mettre en confiance fait sourire les deux femmes.              
- Suivez-nous. Nous allons vous montrer notre jardin ajoutent-elles en indiquant l'espace derrière la haie qui borde le courtil.
Pour y accéder, nous entrons par un portail dans le hangar ouvert.
Nos ancêtres aimaient à montrer leur travail de jardinier et le plaisir qu'ils avaient à voir le résultat de leurs efforts. La nature savait les récompenser.
- D'ailleurs, nous allons pouvoir vous en régaler tout à l'heure. Allons-y retrouver Jeanne qui est aux fourneaux.
Les enfants nous avaient devancés. Tandis que nous les rejoignons Jean-Marie et Marie-Louise m'interrogent sur mon degré de parenté.
- Vous allez être bien étonnés! En fait je suis une de vos arrière-petites-filles!
Moitié intrigués, moitié amusés,  ils répondent en souriant :
- Voilà pourquoi nous trouvions votre allure un peu originale et votre connaissance de la famille si précise.                                                                                                                          
Un peu après le repas, je les quittais ...
En fait, je sortais de mon songe et me retrouvais face à mon guide, enchantée d'avoir découvert les propriétés de mes ancêtres qui avaient bien changé depuis 1899, sauf peut-être la maison.
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Documentation :
 
- Cartes postales (collection personnelle)
- Cadastre ancien Sévérac - E1 Bourg (section du) ; 1-360 (AD 44)
- Acte notarié succession de A. Guillard
 
 
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Tag(s) : #RDVAncestral, #Généalogie maternelle
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