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Pour ce nouveau #RDVAncestral, encore une fois, je vais converser avec Louis-François et Perrine; malheureusement ma visite sera écourtée, ce qui exigera que je revienne encore une fois ...

 

16 février 1870

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 Le village de La Tourlandry

Dans le froid de ce mois de février 1870, j'avançais à grand pas sur le chemin qui me conduisait à nouveau vers Louis-François et sa famille. Soudain, j'aperçus une silhouette qui se détachait au loin sur le chemin en direction du bourg. Petit à petit, elle se précisait et je devinais qui était cet homme qui marchait vers moi. C'était Symphorien Albert, l'ami de Louis-François, le sacristain. Quand il s'approcha de moi, il me reconnut et me salua.

- «Vous rendez à nouveau visite à Louis-François?» m'interrogea-t-il.

- «En effet, je lui avais promis de revenir et j'ai hâte de le rencontrer.»

- «Vous savez, il a bien vieilli ces derniers temps; vous allez le trouver changer!»

Je ne lui dis pas ce que je savais : qu'il vivait ses derniers mois.

- «Bon, il faut que je me dépêche, j'ai un baptême à préparer. Il ne faut pas que je sois en retard! Au revoir.» ajouta-t-il.

Je le saluai à mon tour et me hâtai de reprendre ma route.

 

Enfin, je finis par apercevoir la maison et sa cheminée fumante que je me réjouissais de retrouver. Arrivée sur le pas de la porte, j'étais impatiente qu'on me fasse entrer!

J'appréciai tout de suite de me réchauffer à ce feu où Perrine me conduisit et près duquel je retrouvai Louis-François assis dans une chaise. Je constatai, en effet, qu'il était bien fatigué. Comme il avait du mal à se lever, je lui fis signe de ne pas bouger, le saluai et m'assis près de lui. Louis-François s'étonna de ne pas me voir changée; difficile de lui expliquer de quel monde je venais!

 

J'entendis les pleurs d'un bébé dans la pièce voisine et me tournant vers Louis-François, je le questionnai :

- «C'est un enfant de Marie-Perrine?» Comme je n'ai jamais trouvé de traces de naissance à son foyer, j'espérais trouver là une réponse positive.

- «Marie-Perrine n'habite plus avec nous depuis plusieurs années. C'est le bébé de Rosalie.» me dit-il.

Je me souvenais bien d'avoir lu l'acte de naissance de ce bébé dont le père fut déclaré inconnu, par Louis-François lui-même, et qui portait le joli prénom de Marie Zénobie. Il n'osa en dire plus; j'imaginai le déshonneur que les parents de Rosalie pouvaient ressentir, dans ce milieu encore pétri de traditions.

 

Pour ne pas poursuivre sur ce sujet, je le questionnai sur Michel, déjà âgé de 20 ans :

- «Il nous aide ici à cultiver notre tout petit lopin de terre et travaille en dehors comme domestique. C'est lui qui est désormais chargé de subvenir à nos besoins à nous, ses parents, mais aussi de sa sœur et du bébé. Je ne peux plus faire grand chose ici.» répondit Louis-François avec amertume.

- «Et Victor?» demandai-je.

- «Après quelques années passées ici après son apprentissage, il a travaillé comme maçon, puis il est parti exercer son métier ailleurs.» me dit-il d'un air un peu agacé.

Je me demandais ce qui avait pu se passer entre eux pour qu'il me réponde ainsi. Quelques suppositions me traversèrent l'esprit mais bien sûr impossibles à vérifier.

 

Perrine me demanda si je voulais bien partager leur repas. Je n'osai pas les déranger mais comme elle insista, j'acceptai.

Rosalie approcha avec son bébé dans les bras en me le présentant : c'était une petite fille, elle s'appelait Marie Zénobie. Je fis remarquer que ce prénom était original, que je ne le connaissais pas car il n'est pas très fréquent!

- «C'est vrai, mais il se donne de plus en plus, en ce moment.» dit-elle avec un sourire.

Elle tendit l'enfant à sa mère et s'approcha de son père pour l'aider à se lever de sa chaise et le conduire à la table. Installée en face de Louis-François et Perrine, je remarquai encore plus de l'altération de la santé de mon ancêtre! Sa main tremblait en approchant la cuillère de son écuelle, la déformation de ses doigts paraissait le gêner énormément.

 

Je repris la conversation en racontant que j'avais croisé Symphorien sur le chemin.

- «C'est un très bon ami! Il me rend souvent visite et me tient parfois compagnie. Son père aussi était un bon voisin. Il a beaucoup aidé la famille pendant les absences du mien, alors que nous étions sans mère à la maison puisqu'elle nous avait quittés alors que mon frère n'avait que cinq ans et moi j'allais avoir tout juste sept ans.

Après le décès de notre mère, heureusement, notre grand-mère arrivée de Saint-Georges-sur-Loire s'occupait un peu de nous deux, avec l'aide de Marie Augustine, notre sœur aînée âgée de dix ans.»

- «En effet, j'ai appris les absences de votre père Louis-Stanislas, puisqu'il a participé à presque toutes les batailles vendéennes.» répondis-je.

Louis-François reconnut qu'il ne leur en parlait guère; en 1815, alors qu'il n'avait encore que neuf ans et Jean Édouard, son frère, pas encore huit ans, ils étaient encore jeunes pour vraiment comprendre ce qui se passait.

- «Heureusement qu'elles étaient là, car malgré la fin des combats de 1815 qui ont duré à peine deux mois, il passait beaucoup de temps dans les cabarets et rentrait tard à la maison.»

- «Je sais aussi que votre père s'est remarié en 1821 avec Rose Humeau, ce qui fait qu'elle était là pour vous puisque votre grand-mère est décédée deux ans plus tard.» ajoutai-je, espérant qu'il continue à me parler de tous ces visages de son enfance et son adolescence.

- «Ce furent des années très perturbées.» me répondit-il avec tristesse.

 

En effet, les épreuves se sont succédé : Rose est décédée deux années après le mariage avec leur père. Heureusement, leur sœur aînée Marie Augustine, âgée à ce moment de 22 ans, était encore à la maison. Mais leur père s'est remarié, cinq mois plus tard, à la fin de l'année 1824!

- «Sa troisième épouse portait le même prénom?» lui fis-je remarquer

- «Oui, elle s'appelait Rose Bremond. Elle a eu deux enfants; nous avions donc un demi-frère et une demi-sœur : Stanislas Édouard et Marie Delphine.»

Leur vie connut un cours plus tranquille pendant quelques années.

- «J'étais devenu maçon et la vie était devenue presque normale. Mon père gardait toujours ses habitudes.» se désola Louis-François.

 

- «J'ai su qu'il avait aussi pris part à la dernière insurrection vendéenne en 1831.» lui dis-je.

- «En effet, il était un des chefs de bandes. C'était un homme fort et agile, capable de mener ces luttes. Cette période n'était pas facile pour nous, même si nous n'avons pas participé aux escarmouches : on était admiré des partisans royalistes mais suspectés par les autres.»

J'étais presque certaine que le récit des expéditions de Louis-Stanislas ne s'étaient pas racontées de père en fils puisque ce qui aurait pu se transmettre par Michel, qui devait devenir mon arrière grand-père, n'est pas arrivé jusqu'à nous qui nous sommes étonnés de retrouver trace de nos ancêtres dans les Mauges avant qu'ils ne demeurent dans les environs d' Angers!

Je le questionnai tout de même :

- «Louis-Stanislas vous avait-il parlé des combats vendéens auquel il a participé à partir de 1793? Et vous, l'avez-vous raconté à vos enfants?» lui demandai-je.

«Il ne nous en a rien dit; nous ne connaissons que ce que nous avons entendu dire autour de nous.» déplora-t-il.

 

Je voyais que Louis-François était fatigué, alors je lui proposai de continuer notre conversation le lendemain. Je les quittai donc cet après-midi du 16 février 1870.

Mes allers et retours dans le temps se faisant si facilement, je partis sans regrets.

 

Un seul jour nous sépare, moi et Louis-François, dans cette année 1870, de notre prochaine rencontre à La Tourlandry, mais pour mes lecteurs, ce sera dans un mois à l'occasion du prochain #rdvAncestral qu'ils pourront trouver le récit de ma dernière visite à mon sosa 16 .

 
 

- AD 49, Gallica

- Rapport de recherches dans Gallica : Cour d'assises de Loir-et-Cher. Session extraordinaire, ouverte le 30 septembre 1832. Affaires relatives aux troubles de l'Ouest. (30 septembre-20 octobre.)

- Voir articles du Challenge 2017 :  S comme Sortant le Chouan ,  Z comme Zénobie ,  I comme illégitimes

- Voir articles qui montrent les liens avec les notables de St Georges sur Loire :  Magdeleine mon ancêtre de St Domingue, Le Sieur Fortier, Philippe épouse Magdeleine Delaître   (parents de Louis Stanislas)

 

 

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Tag(s) : #RDVAncestral, #Généalogie paternelle
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