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Ce #RDVAncestral de décembre me transporte à nouveau dans les Mauges, le 7 mai 1861,chez mon ancêtre Louis-François. Les enfants ont bien grandi depuis ma dernière visite.

 
 

6 mai 1861

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Enfin, j'avais décidé de tenir ma promesse à Louis-François et sa famille de les rencontrer à nouveau. J'avais sorti ma carte d’État Major pour trouver le chemin qui me mènerait des Gardes à La Tourlandry, car je voulais pouvoir admirer, des hauteurs de la colline, le paysage s'ouvrant sur le bocage et les villages environnants. En ce 7 mai 1861, je me doutais comment je pourrai les approcher. Je repris donc la route de Saint-Georges tout proche.
 
Au bout de quelques kilomètres, j'avais atteint les Gardes et je décidai de m'approcher du moulin. Déjà le paysage se déployait devant mes yeux, mais je demandai tout de même au meunier s'il acceptait que je grimpe au sommet de sa tour. Une fois en haut, mon regard embrassa le paysage parsemé de hameaux tout autour du village de La Tourlandry; je crus deviner celui de La Fardellerie où se situait la demeure de mes ancêtres. Un peu plus vers le Nord-Est, la colline de la Trottière, le point culminant de l'Anjou, délimitait le paysage en direction de Cossé. J'aperçus même le clocher de l'église nouvelle, reconstruite quelques années seulement avant le mariage de Louis et Perrine.
Je ne pouvais, pour l'instant, apercevoir le hameau de la Boutière qui se trouvait tout au pied du coteau.
   Photo personnelle
Je repris le chemin. Puis, d'un pas léger, je descendis la colline, empruntant le sentier que Louis Stanislas, père de Louis-François avait probablement parcouru mille et une fois pendant les combats vendéens. Enfin je m'approchai de la Boutière. Arrivée au hameau, je n'y trouvai personne, mais en me retournant vers l'Est, je découvris au loin un long cortège précédé de célébrants qui portaient des bannières, suivis d'une foule de femmes, d'hommes et d'enfants parcourant la campagne. Puis je perçus leur chant répétitif, débuté par les prêtres auxquels répondait la foule; c'étaient les litanies des Rogations. Ce 7 mai était le deuxième des trois jours que durait cette fête. Au moment où je les rejoignais, la procession s'immobilisa près d'une croix, un des «arrêts décorés comme des reposoirs», au carrefour de chemins bordés par des champs de lin ou de chanvre. Le prêtre récita des prières demandant la protection des cultures et l'éloignement de la sécheresse. Cette année-là, en effet, elle avait déjà pointé et les paysans tout comme les tisserands espéraient qu'elle ne se prolonge pas!
Le cortège psalmodiant les litanies continua de sillonner la campagne. Je me mis à suivre les paroissiens espérant y retrouver Louis-François et Perrine. Je les cherchai parmi la foule; ils avaient dû bien changer pendant les six années passées depuis ma dernière visite. Mais il me fallut attendre l'arrivée de la procession à l'église pour enfin les apercevoir s'arrêtant sur la place ; alors je me dirigeai vers eux. Perrine n'avait pas beaucoup changé tandis que Louis-François avaient maintenant quelques cheveux gris. Je n'étais pas sûre de reconnaître leurs filles; Marie Perrine avait maintenant 21 ans et se montrait souriante, mais Rosalie qui n'avait pas encore 18 ans me paraissait un peu triste. Michel, lui, avait beaucoup grandi. Mais Victor? Où était-il?
Toute la famille m'avait reconnue; évidemment, moi, je n'avais pas changé!
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Bénédiction des blés en Artois, Jules Breton [Public domain], via Wikimedia Commons

Louis-François me présenta ses amis : Joseph Ménard qui était domestique et demeurait à 500m au nord de la Fardellerie; Symphorien Albert qui était sacristain et proche voisin de la famille. Il les invita à les suivre mais Symphorien devait terminer sa tâche et nous rejoindrait bientôt. Les trois familles se mirent en route tandis que Louis-François m'invita à se joindre à eux.
 
En chemin, j'interrogeai Louis-François sur l'absence de Victor. Il m'expliqua qu'il avait commencé à apprendre le métier de maçon comme son ami Henry Duret mais que, pour l'instant, il demeurait chez son maître d'apprentissage.
- «Comment se fait-il qu'il ne l'apprend pas avec vous comme vous l'avez fait avec votre père qui était maître maçon?» demandai-je alors.
- «Mais je ne l'ai pas appris seulement avec mon père mais aussi avec un de ses amis! Depuis, le métier a beaucoup changé. Mieux vaut se rapprocher de la ville. Même si j'ai appris à Victor Louis bien des choses, il en a de nouvelles à découvrir avec tous les changements récents. Il nous reviendra sans doute dans deux ou trois ans»
- «Et Michel partira-t-il aussi?» demandai-je.
- «Pour lui, nous pensons pour l'instant qu'il restera près de nous car nous avons besoin de lui ici pour cultiver notre petit morceau de terre et le jardin. Il nous aide déjà un peu. Moi, je continue mon travail de maçon mais je suis bien fatigué!» ajouta-t-il.
Symphorien nous avait rejoint.
- «Ah! il faut que je vous dise … une bonne nouvelle … tout en regardant sa fille aînée.»
Je remarquai que Marie Perrine se tourna vers moi en souriant.
- «Eh bien … notre fille va se marier en septembre avec Pierre Raguenault un tisserand de Coron.»
- «Ah! je te souhaite beaucoup de bonheur, Marie Perrine.» répondis-je.
- «Nous voilà déjà arrivés! Je vous offre un verre à tous?» lança-t-il à ses amis.
- «Une autre fois!» répondit Joseph, «mon patron m'attend»
Symphorien, lui, accepta tandis que sa femme et ses enfants, déjà arrivés à la porte de leur maison, nous quittèrent.
 
Pendant que les deux amis trinquaient ensemble, Perrine s'assit à côté de moi. Comme elle était toujours restée discrète, j'entamais la conversation. Elle s'enhardit. Alors, elle me parla de leur petit dernier, ce bébé que j'avais vu il y a six ans, décédé à l'âge d'un an.
- «Il était fragile et nous n'avons rien pu faire.» ajouta-t-elle avec tristesse.
Je lui demandais comment ils feront une fois les enfants partis même si Michel et Rosalie restent encore à la maison.
- «Heureusement, on s'entraide entre voisins et amis sur nos petits lopins de terre tout près de la maison.»
Pendant ce temps, les aînées s'affairaient autour du fourneau; on sentait monter l'odeur de la potée de pommes de terre au lard qui mijotait depuis longtemps tandis que les deux sœurs épluchaient la rhubarbe pour en faire une compotée.
 
Au moment où Symphorien voulut prendre congé de nous, Louis-François expliqua que le père de Symphorien était un bon ami de son propre père, Louis-Stanislas; il était, lui aussi, sacristain et se prénommait comme son fils Symphorien.
J'exprimai à Louis-François mes regrets de n'avoir pas encore pu parler, ensemble, de son père et de son enfance. Pourtant je devais moi aussi les quitter!
- «Je reviendrais vous voir une autre fois encore! Je vous le promets. Je suis tellement bien accueillie ici!»
 
Alors que le jour tombait, il était temps que je reprenne le chemin du retour.
 
 
 
Voir toutes les participations au RDVAncestral en suivant ce lien : http://rdvancestral.com/
 
 
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Tag(s) : #RDVAncestral, #Généalogie paternelle, #Les Mauges
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