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J'imagine Joseph enfant entre ses deux parents et ses frères et sœurs, vivant une vie ordinaire de petit campagnard sans doute rude mais heureuse tant qu'il se peut ! 

Ensuite sa jeunesse paraît se dérouler de façon linéaire, suivant le chemin tracé d'abord par sa famille, imprégnée de religion et ensuite par les frères de Ploërmel qui dirigent ses études.

Nul accroc, aucune question, rien dans ce monde plutôt fermé ne venant bousculer ses croyances et sa façon de vivre. Comme il avait connu l'école enfant, il la connaîtrait dans son futur métier d'instituteur.

Cependant, il fut envoyé à plusieurs kilomètres de sa famille, dans le département voisin : dans le monde ouvrier de Méan rattachée à Saint Nazaire depuis l'expansion toute récente de la construction navale, puis à Doulon pas encore réunie à Nantes, alors village en plein développement grâce au chemin de fer; là encore il découvre la présence d'un milieu populaire ce qui laisse a penser à la lumière de tous ces postes que Joseph aura occupés qu'il avait été formé pour évangéliser des masses spontanément tournées vers le socialisme et l'école publique. Ce fut certainement pour lui la découverte d'un monde en opposition avec son milieu d'origine. Y avait-il été préparé? Lui avait-on inculqué l'idée, qui tend à revenir dans notre monde actuel, des "bons et des méchants"?

Par ailleurs, il allait être, en ce début de XXème siècle, confronté à de grands bouleversements avec les lois sur l'enseignement et celle de la séparation de l'église et de l'État ! La remise en cause d'un fonctionnement si ancien ne pouvait que bousculer et provoquer une réaction de fermeture sur des esprits peu enclins à se poser des questions et créer un repli sur ses propres croyances, renforcer l'antagonisme entre "les bons et les méchants" et provoquer une révolte pour préserver les traditions. Mais je pense que l'attitude de refus de mon grand-père fut toute intérieure et d'autant plus grave que, je le crois, ces évènements ont pu forger le tempérament intransigeant de Joseph.

   

           

Après l'apaisement tout relatif de 1905, les années qui suivirent lui ont apporté quelques joies, jusqu'après la naissance de ses deux filles aînées.

Mais voilà qu'à nouveau, un ouragan s'abat sur sa vie : son départ pour le Front puis, la vie terrible des tranchées. Tous ces évènements ont probablement fait de lui l'homme dur que j'ai toujours connu lorsque nous étions enfant; sa sévérité si elle existait auparavant a pu être exacerbée par tout ce qu'il a vécu à cette époque.

Un certain nombre d'années plus tard et après de nouvelles épreuves comme celle de la mort de son fils aîné, prisonnier en Silésie, il fut confronté à une nouvelle contrariété: la rencontre de mes parents et leur mariage. C'était encore pour lui une source de déception selon ma mère. Imaginez ! un fils d'ardoisier qui, plus est, avait fréquenté "l'école d'en haut" et qui voulait épouser une fille du directeur de "l'école d'en bas". Pourtant, il dut accepter ce fait, mon père ayant été accueilli avec bienveillance par ma chère grand-mère, cette femme au cœur d'or, qui avait toujours supporté en silence la dureté de son époux et les épreuves de sa vie.
Voilà comment je suis née de deux mondes, deux mondes se combattant ... et j'en porte encore aujourd'hui les contradictions!

Tag(s) : #Jours d'antan, #Généalogie maternelle, #Ancêtres morbihannais

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