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Dans mon précédent article, je racontais comment René mon ancêtre de Savennières était devenu maître des postes.

Le successeur de René comme maître de poste : l'aîné de ses trois fils

La transmission du brevet de maître de poste se fait la plupart du temps de père en fils ou bien de l'époux à la veuve. C'est ainsi que René mon ancêtre, l'a transmis à son fils René-Guy.
Lui, contrairement à son père n'est pas propriétaire mais simple locataire de ses terres, ce qui lui causera, vous le verrez, de très gros soucis alors que René, le père, durant sa vie avait acquis un bon nombre de parcelles de vignes et a assuré à sa famille une vie plutôt confortable.
René-Guy, un de mes oncles à la 7e génération, devient donc maître de poste à Saint Georges sur Loire, en 1747, à la mort de son père. Il prend sa succession en tant qu'aîné, tandis que son frère cadet Jean-Baptiste devient aubergiste, et le benjamin, Philippe, mon aïeul à la 7e génération, sera sellier, probablement à la Closerie de la Barre, relais de la poste de son frère dans le village. Jean Juret, son beau-frère, mari de Sébastienne, demeurant à L'Epinay, lui était associé en tant que marchand fermier.

Le château de l'Épinay près duquel existait un prieuré

Tous ces métiers sont nécessaires au fonctionnement de la Poste aux chevaux.
  • Le maître des postes entretient les chevaux nécessaires au service de la Poste. C'est quelq'un d'important dans son village possèdant généralement - ce n'est pas le cas pour René-Guy - les champs et les prairies indispensables à ,la nourriture de ses bêtes et demeurant au relais de Poste, bâtiment important accueillant souvent les voyageurs à l'étape.      
  • Les carosses sont fabriqués comme tout autre coche ou diligence par les menuisiers en voitures et l'intérieur par le sellier qui recouvre les panneaux  de cuir ou de toile, puis garnit les sièges de crin pour être ensuite revêtus de toile. Ce devait donc être le travail de mon ancêtre Philippe ou sans doute n'était-il que celui qui réparait les voitures qui passaient au relais des Postes de Saint-Georges-sur-Loire; dans certains documents, on le rencontre "menuisier" ce qui pourrait signifier qu'il construisait aussi l'ossature des voitures ou la réparait. Sur certains actes, Nicolas Delaitre, son beau-frère, est dit conducteur, après avoir exercé la profession de menuisier de marine à Nantes. Le conducteur - qui ne conduit pas! - est celui qui est "perché à l'arrière de la voiture, commande au courrier, et supervise le bon déroulement du voyage".
  • Arrivés à l'étape, les voyageurs doivent trouver logis et couvert. Ainsi se développent, tout le long des routes, auberges et hôtelleries. Jean-Baptiste, le frère de Philippe le sellier et René-Guy le maître des postes, s'installe comme aubergiste. Il semble bien qu'il établit ainsi une situation solide pour lui et sa famille. On retrouve pendant la révolution un de ses fils juge de paix du canton de Beausite* et ensuite huissier impérial. Un autre de ses fils fut postillon, celui qui porte les courriers, monté sur un des chevaux en avant de l'attelage, devant toujours être prêt à partir si cela était nécessaire puis revenir ramener les chevaux au relais. Certains auteurs sont suspicieux à l'égard des aubergistes se demandant s'il n'y avait pas d'accords entre conducteurs et aubergistes pour faire venir les voyageurs dans leurs auberges; quand on voit ici les liens familiaux existant entre toutes les professions au relais de Poste de Saint Georges, on peut en effet se poser cette question! 
      * Beausite est le nom révolutionnaire de Saint Georges sur Loire. 

 La faillite du maître de poste

Jusqu'aux années 1760, René-Guy connaît une période prospère, associé à l'époux de sa soeur Sébastienne, Jean Juret marchand-fermier.
Début de ses malheurs, en 1766, ses chevaux sont atteints par une épidémie de morve et il lui faut se séparer de l'un de ses douze chevaux. Mais le plus grave se déroule en 1770, lorsqu'il doit se soumettre à une réquisition du roi : participer au cortège qui accueille Marie-Antoinette à Compiègne, pour lequel il fournit cinq chevaux. Comme tout maître de poste, il se doit de « marcher à toute réquisition, à se soumettre, sans indemnité à tous les déplacements que pourraient exiger des services extraordinaires.». Obligé de confier son relais pendant son absence à des domestiques qui ne peuvent gérer son affaire, et une partie de ses chevaux ayant été réquisitionnée par le roi, tâche pour laquelle il ne reçoit pas du roi les indemnités qui lui sont dues, il arrive alors rapidement à la faillite: en 1772, couvert de dettes, et mis face à ses créanciers, il doit démissionner de sa poste; en 1774,  devant son notaire qui estime ses dettes comme « occasionnées par le malheur du temps » (!!!!!!!!) , il n'arrive pas à convaincre ses créanciers. En conflit avec certains de ses enfants, il finit malheureusement sa vie à l'Hôtel-Dieu d'Angers, le 3 octobre 1792, dans la pauvreté.

 

Sources diverses :

- recherches aux archives du Maine et Loire (2006-2007)

- livre "A hue et à dia" publié aux ed. Cheminements

- revue "Nos Ancêtres" de mars-avril 2007.


- Savennières, le berceau de mes ancêtres

- Mes ancêtres maîtres de poste

- La vie au relais de poste de Saint-Georges/Loire

- Philippe, le frère du maître de poste

- Le Sieur Fortier : de l'Anjou à Saint Domingue

- Magdelaine, mon ancêtre de Saint Domingue

- Les descendants de Magdeleine au pays chouan

à suivre 

  A découvrir en haut les pages sur Saint Domingue et l'Anjou 

Tag(s) : #Généalogie paternelle, #Ancêtres angevins

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