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Kilos, non! mais anciennes mesures

Les boisseliers - Planche de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, volume 2
 
Autrefois, les poids et les mesures constituaient un véritable imbroglio. On ne parlait pas du tout de kilos contrairement à ce que peut laisser supposer le titre de mon article!
 
En effet, la mesure des grains variaient selon les châtellenies. Bien sûr, on se servait de boisseaux pour mesurer les grains et légumes secs. Mais en Anjou, il existait 60 valeurs différentes du boisseau.
Dans la région de mes ancêtres meuniers, un boisseau équivalait à plus ou moins 13 de nos litres, comme celui de Paris. Celui de Bordeaux, lui, correspondait à plus de 78 litres! En Mayenne, à Laval, à une cinquantaine de kilomètres seulement, le boisseau a une valeur double de celle du Haut-Anjou. 12 boisseaux au Lion d'Angers équivalaient à 15 aux Ponts-de-Cé distant de 35 kms! Difficile de s'y retrouver même à quelques lieues!
Dans certains endroits, on finissaient par utiliser les mesures «à volonté», du moins approximatives, «ce qui donnait lieu à des injustices et à des procès qui ruinaient parfois les habitants des campagnes.» Ainsi, en 1750, un procès verbal fut infligé au meunier de Ménil, en Mayenne actuelle, pour boisseaux non conformes qui seront brûlés en place publique.
De la même façon, dans des régions différentes mais aussi dans une même région, les mesures pouvaient varier à la façon de remplir le boisseau en rasant le grain avec un racloir ou bien remplie avec un dôme.
                     
  • la mesure comble mesure où le contenu déborde en pyramide
  • la mesure rase mesure qui est soigneusement raclée afin que rien ne déborde
  • la mesure secousse, nom donné en Auvergne, qui implique qu'on secoue secoue bien la mesure pour que le grain se tasse
  • le mesure cessale, qui était pratiquée en Basse-Auvergne, implique l'adjonction à la mesure rase d'une quantité de grains, mais sans qu'on recherche la mesure comble  (Source 3)
Ces façons de faire pénalisaient les acheteurs mais étaient favorables aux marchands qui en vendaient de grandes quantités. En 1671, Louis XIV voulut imposer les mesures rases mais cela n'empêcha ni les marchands, ni les boisseliers de tricher avec les contenants.
Rien d'étonnant à ce que les meuniers subissent les sarcasmes de la population ! Mais, à l'époque, ils leur fournissaient la farine pour leur pain quotidien qui constituait leur aliment de base, si bien que ces moqueries ne duraient pas.
 
En 1789, parmi les revendications portées dans les cahiers de doléances on peut lire : «Nous demandons que tous les meuniers soient tenus d'avoir chez eux une balance et des poids, pour que chaque particulier puisse s'assurer qu'il ne lui a pas été fait tort.»
 
D'autres mesures en Anjou :
- Le demeau dans le Maine ancien équivalant du boisseau : 11 litres à Château-Gontier et 31 litres à 60 kms de là, à Mayenne.
- En Haut-Anjou, on utilisait aussi le setier qui équivalait à 12 boisseaux.
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Si, parmi mes visiteurs, certains connaissent d'autres mesures qui avaient cours en Anjou avant la Révolution, je les remercie de laisser un commentaire.
 
 
Sources : 1 – «Faim de Pain» de l'Association Présence du Haut-Anjou
 2– Revue «Nos Ancêtres Vies et métiers» n°2 Juillet- Août 2003
3 – Dictionnaire du monde rural de Marcel Lachiver
Tag(s) : #meuniers, #Challenge AZ 2016

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