Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

C'est dans le petit village de Brain-sur-Longuenée près du Lion d'Angers, dans le Haut-Anjou que m'a conduite ma quête généalogique, à la découverte des premiers «Guilleu» dont on retrouve la trace dans les registres de la fin du XVIème siècle. Jehan Guilleu, deviendra meunier à la Quenouillère. Il est baptisé le 28 janvier 1597 à Brain, fils de René Guilleu, mon Sosa 4608, et Mathurine Dorange, Sosa 4609 . Il a eu un frère René né, lui, en 1590.
On ne trouve pas de traces de René, en revanche, pour ce qui concerne la famille Dorange, on est sûr que la plupart ont demeuré à la Quenouillère. Ont-ils travaillé au moulin ou rendu des services au meunier? Cela est très probable.

Jehan, mon Sosa 2304

Jehan, mon Sosa 2304, épousa le 5 mai 1624 au Lion-d'Angers Mathurine Gardais. L’épouse du meunier était souvent fille de meunier et venait parfois de loin; elle devait connaître le métier pour seconder son époux et le remplacer. C'est pourquoi, on pourrait penser que l'épouse de Jehan, Mathurine Gardais était fille d'un meunier du Lion-d'Angers; mais parfois les curés ne donnent que peu d'indications dans les actes qu'ils écrivent, notamment à cette période et particulièrement dans cette paroisse.
Moulin de la Lande à La Pouëze
   Moulin-lande-1941.JPG
Numérisation par User:Poussin jean 
Collection privée, mairie de la Pouëze., CC BY-SA 3.0,
https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1828525
      
A ce moment-là, à Brain, trois moulins à chandelier assuraient la fabrication de la farine : Le Grand Moulin au sud-est du bourg, dont on n'a pas la date exacte de construction qui fut détruit vers 1846; le moulin de la Hinnebaudière au nord-ouest qui disparut avant 1764, était occupé à l'époque de notre ancêtre par François Eveillard; et le moulin de la Quenouillère au nord-est, celui où travaillait Jehan Guilleu exista jusque dans le dernier quart du XIXème siècle.

D'après Célestin Port, il y aurait eu également un moulin à eau sur la Thiberge, destiné à activer la forge et la tannerie qui dépendaient au XVIIème siècle de la Maison Blanche, logis qui daterait, lui, du XVIème siècle.

Jehan ou ses garçons-meuniers devaient parfois livrer la farine en empruntant les chemins qui reliaient les villages proches, vers Neuville ou le Lion d'Angers ou les chemins vers la forêt, conduisant au Plessis-Macé. Sans doute, Jehan, se rendait-il aussi comme les autres villageois en forêt de Longuenée, qui s'étendaient jusqu'au Plessis-Macé. Cette forêt avait favorisé le développement du village depuis le XIème siècle d'abord grâce aux charbonniers qui étaient assez nombreux, vivant dans des loges en lisière de forêt car leur activité participait aux besoins des villageois. Dans cette forêt, on trouvait «de la pierre (schiste), de la grave (sable, argile) pour construire». On s'étonne qu'au temps de Jehan, autant de maçons demeuraient à Brain, un si petit village - ils étaient au nombre de trois : Mathurin et Pierre Gardais et Jacques Joncheray - mais la présence de nombreuses carrières dans la forêt et dans d'autres lieux de cette paroisse, la Perrière, les Sablonnières, le Pot de fer, expliqueraient l'importance du développement de ce métier ici. On note aussi un lieu dit La Poterie où la terre permettait probablement la fabrication de briques. On sait aussi qu'un couvreur d'ardoises demeurait à la Robinaye vers le sud du bourg où se situaient les carrières d'ardoises. Ce serait au cours du XVIème qu'aurait  commencé la réalisation du logis de la Maison Blanche, à peu près jusqu'à l'époque de Jehan. Cette construction pour laquelle travaillèrent probablement les maçons cités plus haut, et qui utilisèrent la diversité des matériaux disponibles sur place, est situé entre le bourg et la Quenouillère.

Le moulin de la famille Guilleu, un peu isolé au nord-est du bourg de Brain, était proche du village assez important de la Quenouillère où demeurait alors l'abbé Pierre Porcher qui, d'ailleurs, fut choisi comme parrain de le fille aînée de Jehan et Mathurine. Dans ce lieu, vivaient et travaillaient une cinquantaine d'habitants dont des tisserands, des filassiers, ce qui pourrait avoir été à l'origine du nom de ce village. Quelques années plus tard s'y installa une famille de forgerons-serruriers pour environ un siècle.
Jean, fils de Jehan et Mathurine, mon Sosa 1152, qui naît le 9 mars 1628  y sera meunier à la suite de son père.
Ancienne province d'Anjou
Carte de l'ancienne province d'Anjou.JPG
Par Parigot
Travail personnel à partir de diverses sources historiques,
https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid
La 1ère moitié de ce siècle est une période de mauvaises récoltes et de spéculation sur le prix des grains qui entraînent, jusqu'aux frontières de l'Anjou, des émeutes et des soulèvements, événements liés aussi à une pression fiscale importante destinée à financer les guerres et la colonisation naissante. Cependant, les émeutes ne touchent pas encore cette contrée de l'Anjou. «Pour l'historien Yves-Marie Bercé, 1630 constitue un tournant négatif qui fait suite à la période heureuse de 1620.»
Un meunier gagnait relativement bien sa vie mais il devait aussi assurer l'entretien et des travaux dans le moulin que lui louait notable ou religieux à qui il appartenait.
Un bail était signé et dans le contrat de concession était fixé le taux du droit de mouture, la «banalité», qui était «une obligation pour les sujets qui en payaient le droit au meunier», ce dernier reversant au seigneur ce qui lui était dû. Dans certains cas, le seigneur acceptait des apports en nature. Au début de ce siècle, la seigneurie est celle de la famille de Juigné détenteurs de nombreux fiefs. Il est probable que Jehan lui servait une partie de sa production de farine en rétribution de l'usage du moulin de la Quenouillère.
Jehan, comme les 123 foyers de Brain, devait payer des impôts : la taille au roi et la dîme au curé. En 1639, Jehan dût s'acquitter du paiement de la taille pour un montant de 460 sols ce qui nous indique qu'il était légèrement au dessus de ce qu'on appellerait maintenant «le seuil de pauvreté». Les maçons, Mathurin Gardais et Pierre Gardais déboursaient respectivement 300 et 220 sols et Jacques Joncheray seulement 110 sols. Les métayers étaient ceux qui avaient les meilleurs revenus et déboursaient entre 1800 et 500 sols, alors que les closiers versaient au-dessous de 500 sols. Pierre Benoist, futur beau-père du fils de Jehan était journalier et payait 210 sols mais bien d'autres journaliers vivaient dans la pauvreté notamment les veuves.
L'année 1639 fut par ailleurs une année désastreuse pour le village car une épidémie emporta 108 habitants sur les 635 que comptaient alors la paroisse. Pourtant Jehan et sa famille furent épargnés. Cette année-là, ce fut 152 morts qu'il fallu enterrer «Le sol de l'église ne suffit plus, un cimetière est créé en plein champ» raconte l'abbé Gourdon dans son manuscrit.
(avec mes Sosa 1152 - 576 et 288)
               
Sources : Site Jean Poussin - Livre Contexte de Thierry Sabot - Archives 49 - Livre "Faim de pain" de l'association "Présence du Haut-Anjou
 
Tag(s) : #Brain-sur-Longuenée, #Anjou, #Challenge AZ 2016, #Guilleux, #meuniers

Partager cet article

Repost 0