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Du plus loin qu'on puisse remonter dans son histoire, Le Lion d'Angers(1), «placée au confluent de deux grands cours d'eau», profite des voies de communication fluviales ou terrestres majeures ; tandis qu'une ancienne voie romaine Angers-Rennes la traversait déjà au XIè siècle, elle est devenue bien plus tard le passage obligé vers la ville de Château-Gontier, grâce à la Mayenne notamment. Le trafic fluvial de cette rivière, navigable dès le début du XIIe siècle, puis le port au sud du Lion-d'Angers permettaient une importante activité commerciale, et les moulins à eau y étaient nombreux.
Ce n'est qu'à la fin du XVIIè qu'est entreprise au Lion d'Angers, la réfection des ponts qui «assuraient la traversée des deux bras de rivière et du marais qui constituaient alors l'Oudon.»
 

La meunerie au Lion d'Angers

Moulins à eau
L'activité ancestrale des moulins sur la Mayenne de Ragon à l'Est et de Chauvon au Nord-Est (détruits en 1859), et celui la Himbaudière sur l'Oudon au Nord-Ouest, et celui de Varennes au Sud-Est, bien que sur le territoire de Thorigné d'Anjou, ainsi que d'autres activités plus récentes comme l'extraction su sable et de roche volcanique transportés sur la rivière, ont contribué à soutenir l'économie du Lion d'Angers.
*La Himbaudière où Joseph mon sosa 36 est meunier en ce début du XIXème siècle
 
 
Moulins à vent
Le moulin de Besneau tout près de la rivière La Thiberge, où se retrouve Jacques, mon sosa 72, est le seul moulin à vent de la commune.

              

Jacques sosa 72
Né le 10 mars 1753 à Feneu où son père Joseph sosa 144 était meunier, il y grandit entouré de ses nombreux frères et sœurs et de ses parents, Joseph Guilleux et Marie Burgevin et travaille avant son mariage au moulin de Sautré.
Le 4 février 1777 à Craon, il épouse Marguerite GRANGER la fille de meuniers, de cette ville, René Granger et de Marguerite Denis.
 
Ils auront trois enfants :
- Jacques François Joseph né le 17 février 1780 à Chambellay.
- Joseph, mon sosa 36, né le 28 décembre   1783 à Chambellay.
- Marguerite née en 1786 néé le 12 juillet 1786 à Chambellay.

De Chambellay au Lion d'Angers, la famille de Jacques

En 1780, il exerce son métier de meunier au moulin du Petit Charray situé entre Montreuil-sur-Maine et Chambellay. En 1797, il y demeure encore ; c'est l'année où on le rencontre comme témoin au remariage de son frère Pierre* qui, lui, travaille au moulin de la Haute Bergée au Bourg d'Iré Joseph, son neveu se retrouvera dans le 2ème quart du XIXè, remariage avec Renée Buard une fille de meuniers de Noëllet.
   
* Pierre avait été meunier au moulin de Varennes avant son premier mariage en 1780.
Ensuite Pierre vit à Haute Bise paroisse de Montreuil.
Autour de l'année 1792, ce dernier travaille au moulin de la Haute Bergée où Joseph le fils de Jacques se retrouvera environ un demi siècle plus tard.
Il y reste encore pendant de longues années puisqu'en 1803 il y vit encore. Enfin, on le retrouve en 1820 au moulin de la Chapelle-sur-Oudon, situé entre Segré et Andigné.
   
Au petit Charray, Jacques travaille avec son frère Michel de 4 ans plus âgé que lui tandis que son cousin, Jacques Burgevin et son fils travaillent au moulin du Grand Charray à Chambellay.
Les moulins du Petit Charray en haut celui du Grand Charray à Chambellay en bas reliés par la chaussée
    
C'est leur neveu, Pierre Richou qui exploite le moulin de la Roche et le Moulin neuf tout proches en aval de Charray, moulins appartenant tous deux, à ses frère et soeur, Joseph Richou, marchand meunier à Montreuil-Belfroy, et Marie-Anne Richou. Ils seront vendus en 1811 à François Lemoine, meunier au moulin de Chauvon situé immédiatement en aval de ces deux moulins. A noter que le dit Pierre Richou avait épousé en 1787, Louise, la sœur de Renée Buard dont on a parlé ci-dessus.

Arrivée au Lion d'Angers

Les changements de propriétaires et la nombreuse descendance de Joseph Guilleux et Marie Burgevin, sosa 144 et 145, enfants, petits-enfants, pousseront sans doute les familles Richou et Guilleux à s'éparpiller alors, pour que chacun trouve sa place; et pour éviter que des membres de la famille se retrouve sans moulin, ils s'allient entre cousins et cousines. A partir de là, Jacques se retrouve au début de ce siècle, au moulin à vent de Besneau au Lion d'Angers alors que son fils Joseph travaillait à la Himbaudière, au moulin de son cousin Pierre Burgevin dont il avait épousé la fille.
Avant de s'installer au Lion d'Angers, Jacques avait, certainement, déjà fréquenté les moulins du Lion d'Angers, par sa profession qui l'encourageait à voyager en tant que marchand meunier. Par ailleurs, cela était d'autant plus facile que ces moulins étaient assez proches de Chambellay, même si ses déplacements l'envoyaient parfois bien plus loin. De plus, les autres meuniers des moulins de Ragon et de Chauvon sur la Mayenne (détruits en 1859) étaient liés à sa famille.
 
Pour se rendre au Lion-d'Angers, partant du petit Charray, il a dû emprunter le chemin d'intérêt commun de Montreuil-sur-Maine (cité par Célestin Port et présent sur la carte du geoportail ci-dessus), traverser Montreuil et continuer en descendant vers le Sud jusqu'à l'approche du Lion-d'Angers où un pont de pierre de 3 arches permettait de traverser l'Oudon et les marais attenants. Jacques a sans doute connu la brusque montée des eaux qui a emporté le pont en janvier 1820, mais pas sa reconstruction qui eu lieu après son décès; il fut rendu accessible aux piétons le 4 novembre 1827 (2) (Source : Célestin Port)
Il s'installa au moulin-tour de Besneau, construit «sur le plateau creusé de petites vallées en pente au Nord vers l'Oudon». À l'époque, le nombre de moulins à eau commençait à diminuer et les moulins à vent prenaient le relais. On le remarque sur le cadastre de 1809, mais ce moulin existait déjà en 1691 et fut «repris aux 19e et 20e siècles». La maison d'habitation a été construite au 19e siècle.
 
A son arrivée au moulin, il put admirer «les chaînages d'angle, la corniche et les baies» qui étaient «en pierre de taille de tuffeau, les façades enduites». Pour y entrer, il dut passer «la porte cintrée bâtie en roche de lave», roche issue des carrières de la commune, comprenant «deux baies, l'une cintrée, l'autre à linteau de bois.» «Du rez de chaussée surélevé», le meunier devait emprunter un escalier pour accéder aux deux étages de la bâtisse.
La maison, elle, comportait «un étage de soubassement avec portes cintrées et jours en briques et en tuffeau.
Collection personnelle
Lors de ses déplacements, quand Jacques revenait de Chambellay, ce pouvait être par bateau mais aussi par la route. Après la traversée du pont, il continuait vers la ville, passait devant l'église et prenait «le chemin d'intérêt commun» de Marans traversant un paysage de bocage, passait devant la Mare aux coqs puis le petit Mas jusqu'au carrefour où il poursuivait en direction de Marans, le chemin vers le moulin. Avant d'y arriver, il pensait sûrement à saluer son jeune voisin cultivateur au Rocher, son ami René Plassais(3) célibataire.
 
Les cultivateurs du Lion-d'Angers étaient nombreux à ce moment sur ce territoire principalement rural. Il faut noter que la ville occupait une toute petite proportion de l'espace de la commune. "La densité importante de fermes dispersées et de demeures seigneuriales dont 13 sont antérieures à la Révolution", démontre sans doute la fertilité des terres arrosées de nombreux cours d'eau.
 
D'après Célestin Port «en 1789, les cahiers de doléances du Lion-d'Angers signalent l'absence de friches.»
Avant la Révolution, l'activité agricole était tournée vers l'élevage, mais aussi les cultures
mais aussi vers les plantes textiles (chanvre et surtout lin).
«En 1790, les terres sont cultivées en céréales ou occupées par des pâtures», et on y dénombre "beaucoup de lins, de pommiers et de châtaigniers" selon Viviane Manase.
    
Par ailleurs, depuis lontemps au Lion-d'Angers se déroulaient de nombreuses foires.
 
Outre son ami René, Jacques avait aussi un autre ami, domestique chez le curé du Lion-d'Angers, Jacques Sauvager, âgé de 17 ans de moins que lui. Ils seront tous les deux présents à la déclaration du décès du meunier le 6 avril 1822. Il était alors âgé de 69 ans.
Sa femme, Marguerite, vivra encore au moulin jusqu'au moment de son décès en 1832.

Joseph sosa 36

Joseph Guilleux, mon sosa 36, le fils de Jacques, est né à Chambellay, au petit Charray, village où ses parents ont longtemps travaillé. Il est baptisé dans l'église de la paroisse, le 28 décembre 1783. Son parrain est Michel Guilleux*, oncle, meunier au petit Charray lui aussi et la marraine est Marie Guilleux, cousine, aussi de Chambellay.
 
Joseph était-il déjà à la Himbaudière bien avant son mariage ou bien y est-il arrivé pour les raisons évoqués plus haut, à savoir la nombreuse descendance à la génération de son père qui nécessitait de trouver assez de moulins pour chacun d'entre eux. Mais l'événement décisif fut pour Joseph son mariage avec sa petite cousine Perrine qui lui permit de s'associer aux Burgevin qui étaient installés ici depuis un bon nombre d'années déjà.
 C'est le 7 août 1810, au Lion-d'Angers, qu'il s'unit avec Perrine Mathurine BURGEVIN (1794-1812), la fille de Pierre François Marie BURGEVIN et de Perrine COCHIN, descendants tous deux de Michel Burgevin et Marie Ollivier qui furent les arrières-grands parents de l'un et les arrières-arrières-grands parents de l'autre. Perrine n'a que 16 ans et lui 10 ans de plus.

C'est Jacques COCHIN meunier de Thorigné qui consentit au mariage. Ses parents étant décédés, il était son tuteur. Notons au passage que la famille Cochin était aussi une lignée de meuniers .

Le moulin de la Himbaudière

Sans doute, Joseph resta-t-il encore plusieurs années dans ce moulin jusqu'à son deuxième mariage avec Jeanne Metral, mon sosa 37, qui, elle, contrairement aux épouses de ses ascendants Guilleux, n'était pas issue d'une famille de meuniers.

Voir l'article «Les derniers meuniers» pour suivre le parcours de Joseph après son passage  au Lion d'Angers.

 

1) Au Xe siècle, le site de l'époque relève du fief de Craon c'est une châtellenie. L'implantation d'un prieuré au XIe siècle permet le développement de la ville.
2) après 1874, le tablier du pont sur l'Oudon fut refait, on le remplaça par une structure métallique
3) à propos de René Plassais, je précise au passage que son AAGP était un ancêtre de la grand-mère maternelle (par sa branche agnatique) de mon époux et que le père de cet AAGP était aussi mon sosa 1406 par ma grand-mère paternelle.
Il est intéressant de savoir que cette branche de Plassais* était une souche originaire de Montreuil-sur-Maine qui a donné de très nombreuses lignées dans le Haut Anjou
 
 
Sources : - AD 49 : état civil, cadastres, Célestin Port
Tag(s) : #Challenge AZ 2016, #Guilleux, #Anjou, #meuniers

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